PRB 01-11F
LE TRIBUNAL D'APPEL DES TRANSPORTS DU CANADA
Rédaction :
Joseph P. Dion
Division des sciences et de la technologie
Le 4 octobre 2001
TABLE DES MATIÈRES
A. Réglementation et conformité
B. Procédure et sanctions judiciaires
D. Réglementation de la sécurité dans les différents modes
LA NÉCESSITÉ DUN TRIBUNAL COMPÉTENT DANS PLUSIEURS SECTEURS
A. Le rôle dun Tribunal dappel dans un système de sanctions administratives
LE
TRIBUNAL DAPPEL DES TRANSPORTS DU CANADA :
STRUCTURE ET PROCÉDURE
A. Le Tribunal de laviation civile actuel
B. Le projet de Tribunal dappel des transports du Canada
DISPOSITIONS TRANSITOIRES ET AUTRES MODIFICATIONS LÉGISLATIVES
LE TRIBUNAL D'APPEL DES TRANSPORTS DU CANADA
Le Tribunal dappel des transports du Canada proposé est un organisme auquel il serait possible de faire appel de sanctions administratives pour infractions à la réglementation des transports. Le mandat du Tribunal serait défini dans le projet de loi sur le Tribunal dappel des transports du Canada, dont le texte fait actuellement lobjet de consultations auprès des intéressés.
La réglementation analysée en ce qui a trait au Tribunal concerne la sécurité et na daucune façon trait à la réglementation économique.
La principale responsabilité du Tribunal serait de tenir des audiences sur les sanctions administratives imposées par le ministre des Transports par lintermédiaire de ses fonctionnaires. La première audience consisterait en un examen de la sanction, après quoi il serait possible den faire appel. Les audiences seraient tenues à la demande de la partie incriminée, cest-à-dire de la partie qui a fait lobjet de la sanction.
Les sanctions administratives sont des mesures prises par des fonctionnaires dun ministère pour sanctionner les infractions à la réglementation. Il peut sagir dune suspension ou dune révocation de permis ou de tout autre document nécessaire à lexploitation, ou encore dune amende, que lon appelle sanction pécuniaire administrative. Le Tribunal ne soccuperait pas des sanctions judiciaires, cest-à-dire des sanctions imposées par des tribunaux.
Les sanctions administratives ne ressortissent pas au système judiciaire. Donc, dans lintérêt de léquité, il convient de prévoir une tierce partie à laquelle il soit possible de faire appel de ces sanctions.
Un système de sanctions administratives est appliqué au mode de transport aérien depuis 1986, et les intéressés peuvent interjeter appel en sadressant au Tribunal de laviation civile, qui a le pouvoir de renverser les décisions administratives quil estime injustifiées ou injustes. On considère que le système de sanctions et le Tribunal de laviation civile fonctionnent bien(1).
A. Réglementation et conformité
La sécurité des transports exige que le gouvernement instaure une réglementation prévoyant des procédures de fonctionnement sûres pour les transporteurs (et autres parties) et que les parties en cause se conforment à cette réglementation. La réglementation a force de loi et elle est promulguée par le Ministre et ses agents en vertu des lois qui sappliquent. Lefficacité des règlements et des mécanismes dexécution de la loi doit être évaluée en fonction de leurs effets sur la sécurité.
La réglementation doit consister soit en des normes de fonctionnement strictes qui prescrivent ce qui doit être fait et comment ce doit être fait, soit en des normes de rendement qui prescrivent le résultat global qui doit être obtenu. On se servait généralement jusquici de normes de fonctionnement, mais on soriente de plus en plus vers des normes de rendement.
Ce qui importe dans linstauration de la sécurité des transports, à supposer que la réglementation soit bien formulée, ce sont les moyens de faire respecter cette réglementation. Il peut arriver que des exploitants soient tentés, pour économiser de largent, de ne pas respecter la réglementation, autrement dit de lenfreindre. Ils peuvent également lenfreindre par ignorance ou parce quils croient quelle nest pas nécessaire ou quelle est inefficace.
En raison de limportance de la réglementation et du risque que des gens meurent ou soient blessés si elle nest pas respectée, les gouvernements ont toujours appliqué la loi sans réserve lorsquils faisaient respecter la réglementation. Les infractions graves à certains règlements ont donné matière à des poursuites menant à des peines demprisonnement ou à des amendes importantes. Les infractions à dautres règlements, portant sur des questions plus courantes, ont été traitées comme des délits moins graves.
Plus récemment, les responsables des règlements de sécurité ont tendance à considérer lexécution de la loi (axée sur le dépistage et la sanction) comme une perspective trop étroite et à envisager plus largement le concept de conformité. En raison de cette perspective moins punitive et plus axée sur les résultats, la question est plutôt de savoir quel est le meilleur moyen de faire respecter la loi et quels sont les instruments les plus utiles et efficaces.
Une gamme plus large de mesures et dinstruments par exemple la suspension de permis et les amendes est désormais employée, laccent étant mis sur les effets démontrables en matière de sécurité(2). Par exemple, une série damendes dimportance financière croissante et appliquées systématiquement et équitablement peuvent avoir un effet plus dissuasif quune action en justice ponctuelle et à laquelle on recourt rarement.
B. Procédure et sanctions judiciaires
Comme certaines sanctions judiciaires seront retenues et conjuguées aux sanctions administratives, il peut être utile dexaminer la différence entre les deux.
Les sanctions judiciaires sont imposées par un tribunal judiciaire après mise en accusation du présumé coupable aux termes des dispositions dune loi et une fois cette accusation prouvée à la satisfaction du juge ou du jury, selon la nature de la cause. Sil sagit daccusations au criminel, la culpabilité doit être prouvée « hors de tout doute raisonnable ».
Les décisions des tribunaux peuvent faire lobjet dappels devant des tribunaux supérieurs successifs, et quelquun qui a été condamné peut être tenté de porter sa cause en appel pour éviter davoir à payer une amende importante ou davoir un casier judiciaire. En général, la procédure dimposition de sanctions judiciaires est longue et coûteuse et elle na pas nécessairement une incidence directe sur la sécurité.
Étant donné quune mise en accusation est une chose grave, les agents de sécurité ont tendance à se contenter davertissements verbaux pour les premières infractions. Les études démontrent que ces avertissements ne sont pas structurés et quils sont adressés de façon non officielle. Comme ils ne sont pas systématiquement enregistrés et suivis dune vérification, rien natteste leur incidence sur la sécurité.
Un système de sanctions judiciaires est axé sur le dépistage et la punition plutôt que sur la prévention. Eu égard au degré dactivité et au nombre dinfractions, il na que peu dimportance et guère deffets tangibles sur le comportement.
Ainsi, un système de sanctions judiciaires sévères pour non-conformité à la réglementation relative à la sécurité, doublé dun système davertissements pour les infractions mineures, semblerait à première vue susceptible de garantir la conformité; pourtant, dans la réalité, son incidence sur la sécurité est illusoire. Il peut même se révéler contre-productif, si la crainte dun casier judiciaire incite un exploitant à dissimuler ses erreurs.
Concernant les opérations de transport, on considère maintenant que la procédure et les sanctions judiciaires doivent être réservées aux cas de comportement criminel grave.
Les sanctions administratives sont des sanctions évaluées et imposées par un fonctionnaire en fonction dune évaluation des faits. Par exemple, si un inspecteur de la sécurité de Transports Canada procède à linspection ordinaire dun avion et trouve quelque chose, dans le matériel ou les procédures du personnel, qui nest pas conforme à la réglementation, il impose la sanction correspondant au cas de non-conformité en question. Il peut sagir dune amende ou de la suspension dun document nécessaire à lexploitation ou encore, dans les cas extrêmes, de la révocation dun document. Lun des avantages de ces sanctions est quil est facile de les enregistrer et de les suivre et quelles peuvent faire partie dun système de conséquences de plus en plus lourdes pour non-conformité.
Les sanctions administratives comportent les avantages suivants sur le plan de lincidence sur la sécurité :
Elles se présentent comme équitables, car lexploitant sait à lavance ce que la non-conformité lui « coûtera », et elles sont appliquées uniformément.
Les sanctions peuvent être appliquées plus systématiquement : il y a moins de pouvoir discrétionnaire de donner des avertissements et donc moins de risques de favoritisme.
La sanction est appliquée immédiatement, de sorte que le prix à payer est plus étroitement associé à linfraction par le contrevenant, et elle a donc plus de chances de susciter un changement de comportement.
Les sanctions administratives signalent, parfois pécuniairement, la gravité de linfraction : elles peuvent augmenter si lanalyse démontre quelles ne sont pas suffisamment sévères pour susciter un changement de comportement.
Les sanctions administratives permettent denregistrer clairement les infractions, ce qui présente deux avantages : 1) il est possible de repérer les récidivistes et de leur imposer des sanctions progressivement plus sévères; 2) il est possible délaborer et dactualiser des statistiques sur les infractions et la conformité. On peut analyser ces statistiques pour mesurer lefficacité dun système dinspections et de sanctions et/ou déterminer la nécessité dapporter des changements pour obtenir des effets plus tangibles en matière de sécurité.
D. Réglementation de la sécurité dans les différents modes
Linstauration dinstruments de conformité plus variés est un mouvement qui a commencé voici plusieurs années dans le secteur aérien. Depuis 1986, les sanctions administratives sont en usage dans ce domaine, et elles sont employées par les inspecteurs de sécurité de Transports Canada lorsque des exploitants ne se conforment pas à la réglementation. Ces sanctions administratives peuvent prendre la forme de la suspension ou de la révocation dun document de transport nécessaire à lexploitation ou de sanctions pécuniaires administratives. Le système est largement accepté et approuvé.
Le Tribunal de laviation civile qui fait partie intégrante du nouveau système de conformité est le tribunal dappel des sanctions administratives dans le secteur aérien. Cest également en 1986 que le Tribunal a été créé, aux termes de la partie IV de la Loi sur laéronautique. Le Tribunal est lui aussi largement accepté et approuvé, et le système des sanctions administratives et du tribunal dappel dans ce secteur sest révélé à la fois efficace et efficient.
Les autres modes, notamment les modes ferroviaire et maritime, ont des traditions juridiques et des pratiques plus anciennes et établies depuis longtemps. Ces modes continuent demployer des instruments dexécution de la loi traditionnels, surtout sous la forme de sanctions judiciaires, imposées par des tribunaux et pouvant faire lobjet dappels devant des tribunaux.
Le succès obtenu depuis plusieurs années par le système des sanctions administratives dans le secteur aérien a incité le gouvernement à envisager sérieusement de lappliquer aux autres modes de transport. Ce système était jugé souhaitable pour deux raisons : son efficacité supérieure inhérente et la possibilité dune application uniforme à tous les modes.
Une étude effectuée en 1998 sur la Loi sur la sécurité ferroviaire a donné lieu à la recommandation de moderniser le système de réglementation du transport ferroviaire et, notamment, de mettre au point de nouveaux instruments par exemple des sanctions administratives pour veiller à la sécurité et assurer la conformité.
De même, une étude ministérielle effectuée en 1998 sur la Loi sur la marine marchande du Canada, dont la visée était la modernisation du système de réglementation du transport maritime, a donné lieu à la proposition de nouveaux instruments dexécution de la loi en dehors du système de justice pénale.
LA NÉCESSITÉ DUN TRIBUNAL COMPÉTENT DANS PLUSIEURS SECTEURS
Si le gouvernement décide dappliquer des sanctions administratives à dautres modes de transport, il faut créer un organisme qui puisse entendre les appels de ces décisions administratives (voir la section suivante). Le moyen le plus efficace de sy prendre serait tout simplement dutiliser le Tribunal de laviation civile actuel et den étendre la compétence aux autres modes de transport. Cest ce qui est prévu dans le projet de loi mentionné plus tôt.
Un projet de loi prévoyant la création dun tribunal dappel dont la compétence sétend à plusieurs secteurs des transports est actuellement devant le Parlement. Le projet de loi C-34 : Loi sur le Tribunal dappel des transports du Canada a été présenté à la Chambre des communes en septembre 2001.
Le gouvernement a également lintention de mettre en uvre un système de sanctions administratives dans deux modes de transport autres que le secteur de transport aérien. Le projet de loi C-14 : Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada qui propose lintroduction de sanctions administratives dans le secteur du transport maritime a été adopté par la Chambre des communes et se trouve actuellement au Sénat.
Les sanctions administratives applicables au mode ferroviaire seraient promulguées dans le cadre du projet de loi sur le Tribunal dappel des transports du Canada.
Rien nest prévu actuellement pour étendre la compétence du Tribunal au transport routier ou aux infractions à la Loi sur le transport des marchandises dangereuses. Le transport routier relève essentiellement de la compétence provinciale, et, selon une opinion juridique, la Loi sur le transport des marchandises dangereuses sappuie sur des textes de droit pénal, de sorte que les sanctions imposées aux termes de cette loi doivent être pénales.
A. Le rôle dun Tribunal dappel dans un système de sanctions administratives
Il est entendu quun système de sanctions administratives doit être assorti dun mécanisme dappel. Cest ce qua déclaré la Commission denquête sur la sécurité aérienne (Commission Dubin), dont les recommandations ont donné lieu à lapplication de ce système au mode de transport aérien.
À lépoque, la Commission avait recommandé la restructuration du système dexécution de la loi de Transports Canada en matière de sécurité aérienne, en proposant dinstaurer un système plus vigoureux, appliqué par un plus grand nombre dinspecteurs ayant plus de responsabilités. Pour ce faire, la Commission recommandait :
dintroduire des sanctions administratives pour rendre lexécution de la loi plus efficace;
de créer un mécanisme de révision quasi judiciaire, indépendant et impartial, pour atténuer les effets négatifs éventuels de laugmentation des responsabilités (p. ex. un tribunal dappel).
Il faut un mécanisme de révision parce que les sanctions sont décidées et appliquées sur le plan administratif, de sorte que, contrairement à une procédure judiciaire, laccusé na pas la possibilité de se défendre. On estimait donc que les personnes faisant lobjet de sanctions devaient avoir la possibilité de « donner leur version des faits » si elles estimaient avoir été punies à tort.
Si les décisions du Ministère ne pouvaient faire lobjet dun appel que devant le Ministère lui-même, ou devant le bureau du Ministre, on aurait, à tout le moins, le sentiment que le système nest pas équitable. Il fallait donc quil y ait une procédure dappel et quune tierce partie neutre sen charge.
Le Tribunal de laviation civile, ainsi que le système des sanctions administratives appliqué au mode de transport aérien, est entré en vigueur en 1986. Le Tribunal sinspire des principes de « justice naturelle » et déquité, ce qui signifie que la personne touchée par une décision administrative du Ministre a le droit de connaître les motifs de cette décision et davoir la possibilité dy répondre devant une tierce partie impartiale et indépendante. Le Tribunal nest pas lié par les règles de la preuve et il accepte les preuves par ouï-dire.
Les mêmes principes sappliquent à un tribunal dappel dont la compétence sétend à plusieurs secteurs des transports.
Le Tribunal de laviation civile actuel, qui existe depuis 15 ans, a été évalué en même temps que le système des sanctions administratives.
Les études concernant la Loi sur le Tribunal dappel des transports du Canada révèlent que le nouveau système est largement accepté et approuvé, comparativement au système judiciaire antérieur(3). Le secteur privé estime que le gouvernement a tenu sa promesse dinstaurer un système juste, non légaliste, efficace et rapide.
Le Tribunal de laviation civile actuel fonctionne bien avec relativement peu de ressources. Le personnel nest composé que de huit personnes (ou équivalents à temps plein), dont deux sont le président et le vice-président. En moyenne, le Tribunal traite environ 420 causes par an (400 sont contestées, 90 font lobjet dune révision et 20 sont accueillies en appel).
Le Tribunal de laviation civile réussit généralement à atteindre les objectifs quil sest fixés, pour ce qui est de veiller au traitement rapide des causes et déviter les arriérés. Il est considéré comme efficace par le Ministère, le secteur privé et lui-même.
Le système des membres à temps partiel est plus particulièrement apprécié puisquil permet de rendre des décisions éclairées tout en contrôlant les coûts.
LE
TRIBUNAL DAPPEL DES TRANSPORTS DU CANADA :
STRUCTURE ET PROCÉDURE
Le tribunal dappel proposé sera essentiellement le Tribunal de laviation civile actuel, dont le mandat sera élargi pour comprendre les modes de transport ferroviaire et maritime. Mais, sur le plan législatif, ce changement suppose la fin officielle du Tribunal de laviation civile et la création du nouveau Tribunal dappel des transports du Canada, dont la compétence sétend à plusieurs secteurs des transports.
La structure et la procédure du tribunal proposé seront généralement semblables à celles du Tribunal de laviation civile actuel, et la loi proposée suit de près les dispositions qui ont permis de créer le Tribunal de laviation civile (Partie IV de la Loi sur laéronautique).
A. Le Tribunal de laviation civile actuel
Dans le système actuel, une personne ayant fait lobjet dune sanction administrative peut demander au Tribunal de laviation civile de revoir la décision. Le délai entre la demande et son traitement effectif est de lordre de 60 à 90 jours. La révision est effectuée par un membre du Tribunal de laviation civile, qui entend la preuve, examine la documentation et rend une décision : il peut confirmer la sanction administrative, la modifier ou la renverser.
Si lintéressé est mécontent de la décision du Tribunal, il peut faire appel. Lappel est entendu par le président du Tribunal de laviation civile et deux autres membres. Comme nous lavons dit, la procédure est exempte de formalisme, non légaliste et rapide (exigeant généralement une seule journée). De plus, elle a lieu dans la collectivité du plaignant. À lheure actuelle, tous les membres du Tribunal de laviation civile ont une expertise en aéronautique, et plusieurs dentre eux ont une expertise en médecine aéronautique. Les audiences ont lieu dans divers endroits du pays, près de lendroit où se trouve le requérant. La procédure a lieu dans la langue choisie par le requérant.
B. Le projet de Tribunal dappel des transports du Canada
Le tribunal proposé ayant compétence dans plusieurs secteurs des transports ressemblerait beaucoup au Tribunal de laviation civile actuel, et ce à trois égards :
les principes sur lesquels il sappuie;
sa structure;
les méthodes quil applique.
Le Tribunal dappel des transports du Canada examinerait, sur demande, les sanctions administratives imposées dans les secteurs de transport aérien, ferroviaire et maritime. Il entendrait également les appels des décisions rendues dans les audiences de révision.
Conformément à la pratique adoptée par le Tribunal de laviation civile, le Tribunal dappel des transports du Canada organiserait des audiences et des appels dune façon juste mais exempt de formalisme, non légaliste et rapide. Ces audiences auraient lieu dans la collectivité du requérant et dans la langue officielle de son choix.
Pour résumer, selon la loi proposée, le Tribunal dappel des transports du Canada ayant compétence dans plusieurs secteurs des transports comporterait les caractéristiques suivantes (voir les articles 2 à 22 du projet de loi) :
Le Tribunal connaîtrait des requêtes en révision et des appels dont il est saisi en vertu de la Loi sur laéronautique, la Loi sur la marine marchande du Canada, la Loi sur la sûreté du transport maritime et la Loi sur la sécurité ferroviaire; il connaîtrait également des requêtes en révision et des appels portant sur les sanctions pécuniaires administratives prévues par la Loi sur les transports au Canada.
Les conseillers du Tribunal posséderaient des compétences dans les modes de transport ressortissant à la compétence du gouvernement fédéral. Ils pourraient exercer leurs fonctions à temps plein ou à temps partiel. Ils pourraient demeurer en fonction, sous condition de bonne conduite, pendant un maximum de sept ans (mandat renouvelable).
Le président et un vice-président exerceraient leurs fonctions à temps plein. Le président serait le directeur général de lorganisme et superviserait le travail et le personnel.
Les conseillers à temps plein ne pourraient pas occuper des charges ou des emplois qui soient incompatibles avec leurs fonctions. Les conseillers à temps partiel nauraient pas le droit de statuer sur des causes dans lesquelles leur intérêt est en jeu.
Les requêtes en révision seraient entendues par un conseiller, agissant seul, dont les compétences sont reliées au secteur des transports en cause (à lexception des cas médicaux, où cest la compétence médicale qui serait le critère).
Les appels seraient généralement entendus par trois conseillers et jugés sur le fond en fonction du dossier dinstance de la révision.
Le Tribunal naurait pas de caractère légaliste : il ne serait pas lié par les règles juridiques de procédure. Une partie pourrait se présenter sans avocat. Les audiences seraient publiques. La procédure serait enregistrée. Le Tribunal pourrait déterminer ses propres règles de procédure.
Le Tribunal pourrait condamner lune des parties à des dépens si laffaire est frivole ou si la partie en question a omis de comparaître sans raison valable (cette disposition est nouvelle; elle nexistait pas dans le système dappels devant le Tribunal de laviation civile).
Le bureau principal serait situé dans la région de la capitale nationale, mais, aux termes des règles du Tribunal, pour plus de commodité, les audiences auraient lieu dans diverses régions du Canada et dans lune ou lautre langue officielle.
DISPOSITIONS TRANSITOIRES ET AUTRES MODIFICATIONS LÉGISLATIVES
La Loi sur le Tribunal dappel des transports du Canada proposée, en plus de créer le Tribunal, prévoit des dispositions transitoires pour garantir le passage en douceur du Tribunal de laviation civile au Tribunal dappel des transports du Canada.
Par ailleurs, comme nous lavons dit plus haut, la Loi sur le Tribunal dappel des transports du Canada proposée permettra dapporter des modifications aux lois connexes pour prévoir des sanctions administratives ou permettre den faire appel devant le nouveau Tribunal. Les modifications apportées à la Loi sur la sécurité ferroviaire permettront de créer des sanctions administratives dans le secteur du transport ferroviaire. Les modifications apportées à la Loi sur la sûreté du transport maritime et à la Loi sur la marine marchande du Canada permettront de créer ou délargir des sanctions administratives dans le secteur du transport maritime.
De plus, certaines modifications supplémentaires sont proposées, qui se concrétiseront si le projet de loi C-14 (Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada) est adopté et entre en vigueur. La Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada, dès son entrée en vigueur, abrogera et remplacera la Loi sur la marine marchande du Canada actuelle.
(1) Analysis of Compliance Tools and the Potential Development of a Canadian Transportation Tribunal, étude réalisée par CPCS Transcom à lintention de Transports Canada, novembre 1998 (réf. : 98055).
(2) Ibid., chap. 2.
(3) Ibid., chap. 4.