PRB 00-33F
L'EAU, ENJEU STRATÉGIQUE DE DEMAIN
Rédaction : TABLE DES MATIÈRES UNE PROBLÉMATIQUE PLANÉTAIRE : MIEUX GÉRER LEAU LEAU AU CANADA UNE RESSOURCE MENACÉE A. Leau douce une ressource abondante B. Leau douce une utilisation massive C. La dégradation des écosystèmes aquatiques E. Méconnaissance des eaux souterraines LA GESTION PUBLIQUE DE LEAU AU CANADA A. Responsabilités fédérales et provinciales B. La législation canadienne relative à leau D. Autres initiatives relatives aux eaux LAVENIR DE LEAU LA VISION CANADIENNE ANNEXE 2 : LUTILISATION DE L'EAU AU CANADA ANNEXE 3 : LE TRAITEMENT DE L'EAU AU CANADA LEAU, ENJEU STRATÉGIQUE DE DEMAIN À laube du XXIe siècle, la moitié du volume deau douce(1) disponible sur la Terre est utilisée pour répondre à des besoins humains dont la croissance a été spectaculaire au cours du dernier siècle. Tout indique que si la consommation humaine ne change pas sous peu, la demande mondiale continuera de croître et deviendra critique dans un avenir prochain. Les Canadiens vivent dans un pays où leau est abondante et qui se classe parmi les premiers pour ce qui est de la quantité deau douce renouvelable présente sur son territoire. Malgré cette abondance, le Canada est conscient quil lui faut adopter des stratégies de gestion efficaces pour protéger cette richesse. Ce document tente détablir dans quelle mesure le Canada est prêt à faire face à une crise imminente de leau et quelle est sa vision pour lavenir en ce qui concerne la gestion de cette ressource. Les deux premières sections décrivent brièvement la situation dans le monde et au Canada. La section suivante donne un aperçu du cadre de gestion canadien pour lutilisation de leau et des mesures prises dans ce domaine. Enfin, la dernière section présente la vision du Canada en matière de gestion de leau par rapport aux enjeux internationaux. UNE PROBLÉMATIQUE PLANÉTAIRE : MIEUX GÉRER LEAU La consommation humaine deau a doublé depuis 35 ans. Selon les estimations, elle aurait sextuplé depuis 100 ans(2), et cette augmentation ne tiendrait pas uniquement à la croissance démographique puisque la population mondiale nest passée que du simple au triple au cours de la même période. Cette consommation accrue conjuguée à une gestion de la ressource qui laisse à désirer est à lorigine dune multitude de problèmes, notamment :
À lheure actuelle, leau douce disponible (qui comprend les eaux de surface et les eaux souterraines) à léchelle mondiale représente un volume total denviron 40 000 km3 par an(4). En 1995, on a estimé à 3 800 km3 (environ 10 p. 100) le volume prélevé dérivé ou pompé à des fins humaines. De ce volume, 2 000 km3 font lobjet dune consommation directe, et le reste est rejeté dans lenvironnement après avoir servi à diverses fins(5). Selon des analyses effectuées en 1995 par le Conseil mondial de leau (CME), si les politiques en vigueur ne changent pas et la tendance économique demeure à la hausse, comme on le prévoit, le besoin deau augmentera considérablement dici 2025(6). La consommation deau pourrait alors se situer entre 4 300 et 5 200 km3 et entraîner un « stress hydrique » énorme à léchelle mondiale, notamment en Afrique, en Asie et en Amérique latine. De plus, compte tenu de la croissance démographique mondiale, le volume deau annuel moyen disponible par habitant baissera, passant de 6 600 m3 aujourdhui à 4 800 m3 en 2025(7). Une partie de la problématique tient au fait que les ressources hydriques disponibles ne sont pas toutes accessibles ou utilisables(8). En effet, une grande partie est située dans des lieux peu accessibles et peu peuplés, notamment certaines régions du Nord du Canada, lAlaska et le bassin de lAmazone. En outre, de nombreux bassins fluviaux tropicaux ne renferment une grande quantité deau que durant de courtes périodes de lannée. Par contre, des problèmes liés à la gestion de lutilisation de leau peuvent expliquer quelle soit moins disponible ailleurs dans le monde, notamment dans les bassins fluviaux tempérés de plusieurs pays du Nord. Lutilisation anthropique intensive outre la consommation quelle implique pollue la ressource hydrique, aussi bien superficielle que souterraine, ce qui rend leau de bonne qualité plus difficile à trouver. Bref, selon les résultats et les analyses rendus publics par le CME, il ne fait aucun doute quune crise de leau existe déjà à léchelle mondiale. Elle résulterait en grande partie non pas dune pénurie, mais plutôt dune mauvaise gestion, et des millions de personnes en souffrent actuellement. De lavis du Conseil, il est donc urgent dadopter des politiques de gestion durable des ressources en eau et de la production alimentaire. Il préconise donc cinq grandes mesures qui permettraient dinstaurer une telle gestion dici 2025 :
Ces mesures devraient aider à atteindre divers objectifs, notamment :
une plus grande responsabilisation des collectivités pour ce qui est de gérer leau potable. LEAU AU CANADA UNE RESSOURCE MENACÉE A. Leau douce une ressource abondante Le Canada est lun des premiers pays au monde pour ce qui est de la quantité deau douce présente sur son territoire(9). Il possède 9 p. 100 de leau douce renouvelable de la planète. En fait, il possède 20 p. 100 de leau douce de la planète, mais une partie seulement de cette réserve est accessible, le reste étant composé deau inaccessible ou fossile(10). La réserve deau douce renouvelable du Canada est composée :
À cause de létendue du pays et de linaccessibilité de certaines de ses régions, 90 p. 100 de la population na accès quà seulement 40 p. 100 de cette eau. B. Leau douce une utilisation massive Chaque Canadien utilise en moyenne 326 litres deau par jour, ce qui fait de la population canadienne lune des plus grandes consommatrices mondiales deau potable. Le graphique préparé par Environnement Canada et présenté à lannexe 2 illustre divers aspects de lutilisation de leau par divers secteurs dactivité au Canada. Hormis les secteurs du transport et du tourisme, la consommation deau sest élevée à 57,9 milliards de mètres cubes deau(11) en 1991, répartis de la façon suivante :
Bien que, au premier abord, le ravitaillement en eau potable ne semble pas constituer un problème pour les Canadiens, 17 p. 100 des municipalités dotées dun système daqueduc ont éprouvé des problèmes dapprovisionnement en 1994. Laugmentation de la consommation a un effet direct sur le volume deaux usées à traiter et sur laugmentation des coûts liés à lapprovisionnement et au traitement (voir lannexe 3) de leau. C. La dégradation des écosystèmes aquatiques Lactivité humaine est un des principaux facteurs qui menacent leau douce. Tous les secteurs dactivités industrielles ont un impact réel sur les écosystèmes aquatiques. Par exemple :
Au nombre des principales modifications que lactivité humaine a apportées au milieu aquatique, on note :
En plus dentraîner la perte dhabitats et la diminution de la biodiversité, ces facteurs contribuent à laccumulation de substances toxiques dans la chaîne alimentaire et à la diminution de la qualité de leau avant le traitement. Même si environ 90 p. 100 de leau prélevée au Canada retourne dans le milieu, la perte attribuable à lévaporation lors de la consommation a une incidence sur les écosystèmes aquatiques, plus particulièrement dans les régions sensibles à la sécheresse. De nombreux problèmes subsistent donc et il devient essentiel et urgent de prendre des mesures pour prévenir la pollution et réaliser des gains defficacité. Le débat nest pas clos pour ce qui est de lexistence du changement climatique de la planète et de ses effets possibles(12). Des modèles informatiques permettent desquisser des scénarios, notamment en ce qui a trait à ses répercussions possibles sur leau et les diverses activités qui y sont reliées. Les conclusions varient considérablement. Par exemple, les experts de la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis et dEnvironnement Canada croient que le réchauffement climatique de la planète se traduira par une baisse du niveau des Grands Lacs qui pourrait atteindre un mètre ou plus dici 50 ans. Pour leur part, les scientifiques du U.S. National Assessment on the Potential Consequences of Climate Variability and Change, croient quil est possible que se produise une légère augmentation ou une diminution du niveau des lacs(13). Malgré la forte incertitude qui subsiste en ce qui concerne lampleur des changements appréhendés, les analyses de la circulation globale dans latmosphère semblent indiquer que le réchauffement modifiera la configuration des précipitations à léchelle mondiale. De lavis de la Commission mixte internationale (CMI) dont le mandat est dorienter les relations entre le Canada et les états-Unis pour ce qui est des eaux limitrophes , il est possible quune baisse des niveaux deau se produise en raison du changement climatique. Dans le cas des Grands Lacs, une baisse de niveau pourrait avoir plusieurs conséquences, notamment :
Bref, la baisse de niveau pourrait avoir une incidence importante dordre économique, social et environnemental sur toute la région des Grands Lacs. E. Méconnaissance des eaux souterraines Leau souterraine provient majoritairement de linfiltration de pluie dans le sol, qui seffectue plus ou moins rapidement selon la porosité de celui-ci(14). Leau provenant des nappes phréatiques, qui constitue la principale source canadienne deau douce, subvient aux besoins de 7,9 millions de personnes, soit 26 p. 100 de la population(15). Sa consommation varie sensiblement selon les provinces. Par exemple, leau souterraine ne représente quenviron 20 p. 100 de leau potable consommée par les Québécois(16). Toutefois, dans dautres provinces et territoires, lutilisation des eaux souterraines est plus importante : ainsi la totalité de la population de lÎle-du-Prince-Édouard et 60 p. 100 de celles du Nouveau-Brunswick et du Yukon comptent sur cette source deau potable pour répondre à leurs besoins. Il est intéressant de noter que ces régions doivent faire face plus régulièrement à des pénuries que celles qui sapprovisionnent en eau de surface. Labondance de leau souterraine a amené ces dernières années plusieurs entrepreneurs à envisager dutiliser cette ressource pour réaliser dimportants projets commerciaux tels que la mise en marché deau embouteillée à des fins dexportation(17). Les projets de ce type sont parfois contestés et font lobjet de nombreuses discussions, notamment parce quon manque, à lheure actuelle, de connaissances au sujet des nappes phréatiques. Dans son rapport de février 2000, la CMI a dressé le portrait de la situation de lensemble du système canadien deaux souterraines et de celui des Grands Lacs. Selon la Commission :
« Prélèvement massif » sentend du prélèvement de grandes quantités deau et de leur transport à partir de leur bassin dorigine à laide de moyens anthropiques (canaux, bateaux, camions-citernes, pipelines)(18). Il ne sagit donc pas nécessairement deau transportée à lextérieur dune province ou du pays (exportation). De même, lexpression ne comprend pas les petits prélèvements (petits contenants portatifs). Les projets de prélèvements massifs supposent une perte permanente deau dans le bassin concerné. De plus, ils peuvent impliquer le détournement de cours deau et la construction de barrages en série, qui sont susceptibles dentraîner des coûts sociaux énormes. À titre de problématiques possibles, soulignons :
Les prélèvements massifs sont donc considérés comme une utilisation non durable de la ressource, raison pour laquelle le gouvernement du Canada veut les interdire dans le cas des bassins hydrographiques importants. Le gouvernement a donc annoncé en février 1999 une « stratégie visant à prévenir le prélèvement à grande échelle des eaux du Canada, y compris les eaux destinées à l'exportation, dans les bassins hydrographiques canadiens »(19). Le projet de loi C-15 : Loi modifiant la Loi du traité des eaux limitrophes internationales, a ensuite été déposé à la Chambre des communes par le ministre des Affaires étrangères le 22 novembre 1999 afin de protéger les eaux transfrontalières des prélèvements massifs. Plus précisément, le projet de loi visait à clarifier la loi actuelle et à rendre plus efficace la mise en uvre du Traité relatif aux eaux limitrophes et aux questions originant le long de la frontière entre le Canada et les États-Unis de 1909 (communément appelé le Traité des eaux limitrophes internationales) :
Le projet de loi C-15 est mort au Feuilleton lors du déclenchement des élections fédérales, le 22 octobre 2000, mais un projet de loi semblable (C-6) a été présenté le 5 février 2001, au début de la 37e législature(20). La CMI qui a déposé en 2000 un rapport sur le sujet à la demande du Canada et des États-Unis dans le contexte de la stratégie fédérale sur les prélèvements deau croit que les gouvernements ne devraient pas autoriser les prélèvements massifs dans les Grands Lacs, à moins que le promoteur démontre labsence dimpact sur ces écosystèmes. Toujours daprès la CMI, cette approche ne serait pas contraire aux obligations commerciales du Canada. En effet, les gouvernements ont souveraineté sur la gestion de leau à létat naturel et ne sont pas contraints par les accords commerciaux(21). Enfin, le Conseil canadien des ministres de lEnvironnement est lui aussi davis quil faut interdire, dans un avenir prochain, les extractions deau dans les principaux bassins hydrographiques. LA GESTION PUBLIQUE DE L'EAU AU CANADA A. Responsabilités fédérales et provinciales La question des mesures à prendre pour protéger leau est indissociable de celle des responsabilités respectives des administrations fédérale et provinciales pour ce qui est de gérer cette ressource naturelle. Selon la Loi constitutionnelle de 1982(22) :
B. La législation canadienne relative à leau Les obligations liées aux responsabilités mentionnées précédemment sont à lorigine dune multitude de lois qui permettent au pays dexercer la gestion de leau dans certains domaines. Mentionnons notamment :
Il nexiste cependant pas de loi fédérale unique qui engloberait toutes les eaux, la plupart des outils mentionnés ci-dessus concernant des secteurs commerciaux précis(23). La Loi sur les ressources en eau du Canada(24), qui assure au gouvernement fédéral le leadership en matière de gestion des eaux douces, a été adoptée en 1970, lannée précédant la création du ministère fédéral de lEnvironnement. Elle prévoit un processus de consultation entre les gouvernements fédéral et provinciaux pour toute question relative aux ressources en eau et comprend des dispositions relatives à lapplication de mesures fédérales unilatérales pour les problèmes transfrontaliers. Des projets issus de ce processus sont en cours, par exemple :
Des accords bilatéraux ont été conclus pour chacun de ces programmes. Ces accords précisent, entre autres, la contribution de chaque gouvernement au financement, à linformation et au savoir-faire relatifs aux divers projets. Le rapport annuel de 1998-1999 sur les ressources en eau inclut les ententes qui avaient été signées depuis peu sur ces programmes. Par lapplication de la Loi sur les ressources en eau du Canada, le Canada encourage une approche axée sur le partenariat entre les différents ordres de gouvernement et le secteur privé. La Politique fédérale relative aux eaux(25) a été rédigée par différents ordres de gouvernement en 1987 afin daméliorer la gestion de leau. Au moyen de cette politique, le gouvernement fédéral poursuit des objectifs de protection et damélioration de la qualité des ressources hydriques tout en encourageant une gestion et une utilisation prudentes et efficaces de leau. Il y aborde aussi limportance de sensibiliser la population à une utilisation quotidienne rationnelle de leau. Cinq stratégies ont été mises en place dans la foulée de cette politique. Elles correspondent de fait à des plans daction qui précisent le rôle de soutien que doit jouer le gouvernement et qui permettent aux partenaires (organismes fédéraux, autres ordres de gouvernement, industrie) de faire face à des circonstances et à des défis particuliers dans le domaine concerné. En plus des outils législatifs et administratifs canadiens figurant dans la description ci-dessus, il faut mentionner les Recommandations pour la qualité des eaux du Canada, publiées par le Conseil canadien des ministres de lEnvironnement en 1987, et les Recommandations pour la qualité de leau potable au Canada, élaborées par Santé Canada en 1989. La frontière canado-américaine traverse de nombreux cours deau et tous les Grands Lacs(26), sauf un. Créée en vertu du Traité des eaux limitrophes internationales de 1909 et composée de six membres trois nommés par le président des États-Unis et trois, par le Conseil des ministres du Canada, sur lavis du premier ministre , la Commission mixte internationale (CMI) est lorganisme qui a reçu le mandat dorienter les relations entre le Canada et les états-Unis concernant les eaux limitrophes. Elle a constitué des conseils bilatéraux afin de faciliter les tâches denquête, de contrôle et de surveillance du Traité. La CMI étudie les demandes dapprobation de projets touchant les eaux frontalières et transfrontalières et peut prendre des règlements relativement à ces projets. Elle assiste les deux pays en ce qui a trait à la protection de lenvironnement dans les régions frontalières, y compris lapplication de lAccord relatif à la qualité de leau dans les Grands Lacs de 1972, et renseigne les gouvernements sur les nouveaux enjeux qui pourraient être sources de litiges entre les deux pays. Le Canada participe également à certaines initiatives internationales. Il a notamment produit un rapport conjoint traitant de la gestion de leau en Amérique du Nord en collaboration avec les États-Unis et le Mexique. Ce rapport résulte de linitiative Vision mondiale de leau, mise sur pied en 1998 par le Conseil mondial de leau (CME) afin détablir un consensus international pour la mise en place dun plan de gestion visant à contrer la crise actuelle de leau. Depuis 1998, des citoyens et des organismes se sont joints à des professionnels et à des intervenants pour prendre part à des séances de discussion organisées par le CME. Des consultations sectorielles et régionales ont eu lieu, et des rapports régionaux ont été produits. Ces rapports dont celui du Canada, des États-Unis et du Mexique intitulé North America ont mené à la rédaction du rapport-synthèse World Water Vision Making Water Everybodys Business (Vision mondiale de leau Leau, laffaire de tout le monde)(27). Ce rapport propose, outre un bilan de la situation mondiale pour ce qui est de la gestion de leau, des solutions qui visent à donner accès à une eau potable répondant aux exigences de la population, et ce, par lintermédiaire de plans de gestion qui garantiront lintégrité des écosystèmes aquatiques. D. Autres initiatives relatives aux eaux Depuis une douzaine dannées, des initiatives ont été élaborées au Canada pour remédier aux problématiques décrites plus tôt. Ces initiatives, axées sur les écosystèmes, tiennent compte de préoccupations environnementales, économiques et sociales(28). Elles sont le résultat de partenariats entre les gouvernements fédéral et provinciaux ou territoriaux et nécessitent souvent la collaboration de particuliers, de collectivités, de peuples autochtones et du secteur privé. Mesures canadiennes relatives aux eaux
Source : Sites Web de la Commission mixte internationale, du Commissaire à lenvironnement et au développement durable et dEnvironnement Canada, juin 2000. À titre dexemple, une approche écosystémique a été favorisée dans le cadre de lélaboration du Plan daction Saint-Laurent de 1988, qui en est maintenant à sa troisième phase. Les objectifs de ce programme sont :
Au cours de ses 12 premières années, linitiative a mené à dimportantes réussites : réduction de 96 p. 100 des rejets industriels prioritaires, création du Parc marin du Saguenay, accroissement de la population de bélugas, protection de 12 000 hectares dhabitats fauniques et formation de dix groupes communautaires (comités de zone dintervention prioritaire ou ZIP) le long du Saint-Laurent. La troisième phase du Plan daction Saint-Laurent met laccent sur la prévention dans les secteurs suivants : biodiversité, agriculture, industrie et navigation. Les organismes communautaires participent de façon active aux projets dassainissement de lécosystème du Saint-Laurent. Le tableau suivant énumère certaines initiatives denvergure en cours qui prônent une approche écosystémique afin de revitaliser les écosystèmes aquatiques dun océan à lautre. Initiatives relatives aux écosystèmes aquatiques canadiens
Source : Site Web dEnvironnement Canada, juin 2000. LAVENIR DE LEAU LA VISION CANADIENNE Compte tenu des problématiques actuelles notamment les périodes de sécheresse plus fréquentes dans les provinces de lOuest, la qualité de leau potable qui laisse périodiquement à désirer dans certaines régions et la demande de plus en plus pressante dexportation de leau , les administrations canadiennes sont davis quil devient urgent de perfectionner le système de gestion de leau. Elles rejoignent en cela le CME, qui insiste sur limportance de gérer la crise mondiale de leau en adoptant des mesures pour améliorer la gestion de cette ressource dici 2025(29). Le dossier de leau fait partie des préoccupations canadiennes depuis longtemps déjà (1909) et bénéficie dune structure de gestion très élaborée. De nombreux obstacles ont été surmontés jusquà maintenant, mais dautres devront être examinés sérieusement. Par exemple, les Grands Lacs, le fleuve Fraser et le fleuve Saint-Laurent, qui ont déjà été le lieu de multiples interventions dassainissement, devront encore faire lobjet de travaux à moyen et à long termes afin denrayer la pollution toxique provenant des milieux agricoles, urbains et industriels. De plus, les ressources en eau du Canada sont surutilisées (compte tenu notamment du fait que la majorité de la population na accès quà seulement 40 p. 100 de leau douce), ce qui coûtera des milliards de dollars en infrastructures dapprovisionnement et de traitement des eaux usées(30). De nombreuses initiatives sinspirent des mesures prônées par le CME. Entre autres :
La majorité des administrations canadiennes désirent continuer à améliorer la gestion de la ressource hydrique canadienne. Environnement Canada, qui élabore continuellement des outils de gestion intégrée, favorise la collaboration entre les gouvernements et veille à répondre constamment aux objectifs de développement durable. Le Ministère favorise donc les projets tels que les mesures communautaires et volontaires, la recherche fondamentale et les solutions plus techniques (installation de compteurs, par exemple). Dans un rapport sur la santé de leau produit en 2000, par exemple, Agriculture et Agroalimentaire Canada souligne limportance de la création doutils de gestion qui permettront dutiliser leau souterraine de façon durable. Selon les recherches du Ministère, les conséquences de la sécheresse dans lOuest canadien saggraveront, compte tenu de paramètres tels que les changements climatiques ou encore laccroissement de la population, de lurbanisation et de la demande en eau(31). Pour sa part, le Bureau daudiences publiques sur lenvironnement (BAPE) du Québec, qui a tenu des audiences sur leau en 1999, a conclu dans un rapport publié en 2000 que la gestion actuelle de leau et des milieux aquatiques est trop sectorielle, peu intégrée et trop peu soucieuse de lenvironnement. Selon le Bureau, il est donc urgent de :
Entre autres, le BAPE recommande :
Enfin, le Canada en est venu à la conclusion, par suite de ses travaux avec les États-Unis et le Mexique(33), que pour parvenir à une vision commune à toute lAmérique du Nord en matière deau, la collaboration intersectorielle et transfrontalière sera essentielle à tous les niveaux. En définitive, cependant, la participation dun public bien renseigné sur la situation devra être le point de départ des mesures prises par les gouvernements et les organismes de gestion des secteurs public et privé. Le plus grand défi consistera à intégrer la gestion de leau à tous les niveaux du simple utilisateur jusquaux administrateurs des grands bassins hydrographiques et à assurer la participation de chacun au processus de prise de décision. Ainsi, tous les secteurs de la société seront parties prenantes à une véritable gestion intégrée de leau au Canada. (1) On trouvera la définition de divers termes relatifs à leau dans le Glossaire, à lannexe 1. Pour une version succincte du présent document, voir Christine Labelle, Leau au Canada : État, gestion et enjeux, Capsule dinformation TIPS-37F, Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement, 30 novembre 2000. (2) William J. Cosgrove et Frank R. Rijsberman, World Water Vision Making Water Everybodys Business, Conseil mondial de leau, 2000. (3) Elle a aussi entraîné des conséquences favorables pour la population et lenvironnement, notamment la création des systèmes de traitement de leau (voir lannexe 3). (4) Dans leur rapport rédigé pour le Conseil mondial de leau, Cosgrove et Rijsberman (2000) parlent deau bleue et deau verte. Leau bleue comprend les eaux superficielles et souterraines et constitue la principale source dutilisation à des fins humaines et lobjet de la gestion des ressources en eau. Leau verte correspond à leau de pluie et constitue la principale source dapprovisionnement pour les écosystèmes naturels et lagriculture non irriguée (produit 60 p. 100 de la nourriture mondiale). (5) Habituellement, la qualité de cette eau rejetée est sérieusement altérée. Ce sont les utilisations industrielles qui entraînent la plus importante consommation deau, soit le double de la consommation à des fins domestiques. Dans ce contexte, leau sert principalement dagent de refroidissement pour la production de lélectricité. (6) Cette différence dépend en partie de lexpansion que pourrait connaître lirrigation agricole.VoirCosgrove et Rijsberman (2000), p. xxi. (7) Ibid. (8) Voir Cosgrove et Rijsberman (2000). (9) Le Brésil vient au premier rang avec 18 p. 100 de la réserve mondiale, suivi du Canada et de la Chine (9 p. 100) et des États-Unis (8 p. 100). Environnement Canada, Notions élémentaires sur leau douce, site Web http://www.ec.gc.ca/water/fr/info/pubs/f_pubs.htm, octobre 2000. (10) Leau fossile est un vestige des inlandsis qui recouvraient la Terre au Pléistocène. Voir Environnement Canada, Notions élémentaires sur leau douce, octobre 2000. (11) De ce volume :
(12) Voir à ce sujet Tim Williams et Jean-Luc Bourdages, Le réchauffement de la planète et la volonté de réduire les gaz à effet de serre, Capsule dinformation TIPS-39F, Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement, 1er décembre 2000. (13) Commission mixte internationale, Rapport final sur la protection des eaux des Grands Lacs, présenté aux gouvernements du Canada et des États-Unis dAmérique, 22 février 2000. (14) Normand Grondin, « Les eaux souterraines : ce quil faut savoir », Québec Science, septembre 1997. (15) Environnement Canada, Près de 8 millions de canadiens sont tributaires de leau souterraine, site Web sur leau http://www.ec.gc.ca/water/accueil.htm, mars 2000. (16) Stéphane Gagné, « Les eaux souterraines : une ressource convoitée », Le Devoir, 6 décembre 1997, p. F6. (17) Commission mixte internationale (2000). (18) Environnement Canada, « Renseignements généraux sur les prélèvements massifs et les exportations deau », La Voie verte, août 2000. Voir aussi David Johansen, Les prélèvements massifs deau et lALENA, Capsule dinformation TIPS-20F, Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement, 4 février 2001. (19) Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, Mise en oeuvre dune stratégie visant à prévenir le prélèvement à grande échelle des eaux du Canada, y compris les eaux destinées à lexportation, communiqué, 10 février 1999. (20) Voir David Johansen, Projet de loi C-6 : Loi modifiant la Loi du traité des eaux limitrophes internationales, Résumé législatif LS-383F, Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement, 12 février 2001. (21) Ministère des affaires étrangères et du Commerce international, « Le Canada accueille avec satisfaction le rapport de la Commission mixte internationale sur la protection des eaux des Grands Lacs », site Web http://198.103.104.118/minpub/Publication.asp?FileSpec=/Min_Pub_Docs/103094.htm du ministère, 15 mars 2000. (22) Voir le Rapport du Comité permanent de lenvironnement, Lenvironnement et la Constitution, Chambre des communes du Canada, mars 1992. (23) Commission mixte internationale (2000). (24) Environnement Canada, Loi sur les ressources en eau du Canada Rapport annuel 1998-1999. (25) Environnement Canada, Politique fédérale relative aux eaux, 1987. (26) Le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent contient le cinquième des ressources en eau douce de la Terre. (27) Cosgrove et Rijsberman (2000). Voir la note 1. (28) Environnement Canada, Initiatives axées sur lécosystème, document dinformation. (29) Voir plus haut la section UNE PROBLÉMATIQUE PLANÉTAIRE : MIEUX GÉRER LEAU. (30) Société canadienne dhypothèque et de logement, The Ecological City: Canadas Overview, Federation of Canadian Municipalities, mai 1995. Stéphanie Meakin, Leau dans les municipalités au Canada, Direction de la recherche parlementaire, BP-333F, avril 1993. (31) Agriculture et Agroalimentaire Canada, La Santé de leau Vers une agriculture durable au Canada, 2000. (32) BAPE, « Leau, ressource à protéger, à partager et à mettre en valeur », extrait de la Conclusion générale, site Web, juin 2000. (33) « World Water Vision: North America », site Web http://www.gwpforum.org/worldwatervision.htm, juin 2000. GLOSSAIRE Eau consommée : (1) Eau dont lutilisation mène à son évaporation. (2) Eau incorporée à des produits ou à des organismes et qui nest plus disponible pour dautres fins. Eau de surface : Toute eau naturellement en contact libre avec latmosphère (cours deau, lac, réservoir, bassin de retenue, mer, estuaire, etc.). Le terme désigne également les sources, puits et autres collecteurs directement influencés par leau de surface. Eau douce : Eau contenant généralement moins de 1 000 milligrammes par litre de matières solides dissoutes comme les sels, les métaux, les éléments nutritifs, etc. Eau prélevée : Eau dérivée de cours deau ou de rivières et pompée à partir des eaux souterraines pour utilisation humaine. Eau renouvelable : Leau est considérée comme une ressource inépuisable ou renouvelable, puisque les activités humaines ninfluent pas sur les réserves totales deau de la biosphère, même si la durée du cycle de vie de leau varie en fonction du lieu où elle se trouve et de son utilisation. Cependant, pour être utile, leau doit présenter une certaine qualité et être physiquement disponible. Par conséquent, elle est aussi considérée comme une ressource rare et parfois même non renouvelable en raison notamment dun cycle de vie qui peut savérer extrêmement long. Eaux souterraines : Réserves deau douce stockées sous la surface de la terre (habituellement dans des aquifères), qui alimentent souvent les puits et les sources. Eau utilisée : Les ressources prélevées des eaux de surface et souterraines à des fins anthropiques. Une partie de cette eau est ensuite retournée dans lenvironnement après utilisation et, en conséquence, remise en disponibilité. Gestion des eaux : Étude, planification et surveillance des ressources en eau, et application de techniques de développement et de contrôle quantitatives et qualitatives en vue dutiliser de façon polyvalente et à long terme les diverses formes de ressources hydriques. Qualité de leau : Terme utilisé pour décrire les caractéristiques chimiques, physiques et biologiques de leau relativement à une utilisation particulière. Système de traitement des eaux dégout : Canalisations, stations de pompage, conduites de refoulement et tous les autres appareils, structures et installations employés pour recueillir les déchets et les transporter vers un point donné, pour traitement ou élimination. UTILISATION DE L'EAU AU CANADA
Source : Environnement Canada, La Voie verte, novembre 2000 LE TRAITEMENT DE L'EAU AU CANADALeau potable La désinfection de leau potable prévient différents types de maladies causées par des pathogènes présents dans leau. La chloration est la technique la plus utilisée à cause de lefficacité avec laquelle elle permet déliminer les coliformes fécaux, ainsi que les autres bactéries et autres micro-organismes. La désinfection par les rayons ultraviolets représente un complément à lutilisation du chlore. À laide de lénergie de la lumière, ce procédé permet de détruire les organismes pathogènes. Lozonation de leau est également employée au Canada. Lozone et les ultraviolets, quoique efficaces, ne permettent la désinfection de leau que ponctuellement, alors que le chlore continue à désinfecter leau tout au long de son transport dans le système de distribution. Les eaux usées Au Canada, les eaux usées sont :
Le traitement que peuvent recevoir les eaux usées peut prendre une ou plusieurs des formes suivantes :
Le chlore est parfois utilisé à la dernière étape dun système de traitement des eaux usées, juste avant leur rejet dans le milieu aquatique récepteur. La Colombie-Britannique privilégie le traitement primaire et les provinces des Prairies, le traitement secondaire. LOntario a adopté le traitement tertiaire. Les trois types sont utilisés au Québec à divers degrés, bien que le traitement tertiaire y soit plus rare. Dans les provinces de lAtlantique, la moitié de la population desservie par des réseaux dégouts rejette directement les eaux usées non traitées dans les eaux estuariennes et côtières, dont le pouvoir de dilution est jugé suffisant. (1) Sierra Legal Defense Fund, The National Sewage Report Card Rating the treatment methods and discharges of 20 Canadian cities, juin 1994. |
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