PRB 01-23F
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ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE
ET BESOINS FUTURS EN ÉNERGIE

 

Rédaction :
Lynne Myers, Geneviève Smith, Tim Williams, Division des sciences et de la technologie
Le 19 novembre 2001


 

TABLE DES MATIÈRES

 

INTRODUCTION

QUELS SONT LES BESOINS EN ÉNERGIE NON BASÉE SUR LE CARBONE?

ÉNERGIE PRODUITE PAR DES COMBUSTIBLES FOSSILES

ÉNERGIE HYDROÉLECTRIQUE ET ÉNERGIE MARÉMOTRICE

ÉNERGIE ÉOLIENNE

ÉNERGIE SOLAIRE

ÉNERGIE NUCLÉAIRE

ÉNERGIE DE LA BIOMASSE

ÉNERGIE GÉOTHERMIQUE

ÉNERGIE DE L’HYDROGÈNE

CONCLUSION

ADRESSES INTERNET INTÉRESSANTES


ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE
ET BESOINS FUTURS EN ÉNERGIE

INTRODUCTION

L’inquiétude suscitée à l’échelle internationale par le réchauffement planétaire et l’émission de gaz à effet de serre (GES) a conduit à la ratification de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui vise à « stabiliser […] les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique »(1).  Le protocole à cette convention – le Protocole de Kyoto(2), adopté en 1997 – prévoit que les émissions de GES à l’échelle du globe devront être réduites de 5,2 p. 100 par rapport au niveau de 1990 et que ce chiffre devra être atteint entre 2008 et 2012.  Compte tenu des besoins futurs en énergie, il faudra, pour inverser la tendance à la hausse des concentrations de dioxyde de carbone (CO2), opérer des réductions supérieures à celles prévues par le Protocole de Kyoto et dissocier l’utilisation de l’énergie et les émissions de carbone.  La création de sources d’énergie ne dégageant pas de carbone sera donc un élément clé des plans de réduction des émissions de GES, quels qu’ils soient.  Il est question dans ces pages du besoin croissant de sources d’énergie non basée sur le carbone ainsi que de certaines des solutions possibles, dont les avantages et les inconvénients sont présentés.

QUELS SONT LES BESOINS EN ÉNERGIE NON BASÉE SUR LE CARBONE?

D’après les projections actuelles de l’expansion économique et démographique, les besoins en énergie devraient augmenter considérablement au cours des prochaines décennies.  Si la proportion de l’énergie que nous utilisons qui est dérivée de combustibles fossiles demeure constante à environ 75 p. 100, il faudra produire environ 10 terawatts (TW), soit dix milliards de kilowatts (kW), à partir de sources d’énergie ne dégageant pas de carbone d’ici à 2050 pour combler les besoins en énergie équivalant aux 25 p. 100 restants(3).  À titre d’exemple, pour produire 10 TW d’énergie électrique, soit la quantité d’énergie utilisée à l’échelle de la planète en 1990, il faudrait exploiter l’équivalent de 10 000 centrales nucléaires.  Dans de telles conditions, en 2070, les concentrations atmosphériques de CO2 atteindraient le double des niveaux antérieurs à l’ère industrielle et continueraient d’augmenter par la suite.  Si l’on veut stabiliser ces concentrations à ce niveau ou les réduire, ce sont des dizaines de terawatts– et non seulement dix – d’énergie ne dégageant pas de carbone qui seront nécessaires.

Il faut créer des sources d’énergie non basée sur le carbone pour atteindre les objectifs de réduction fixés dans le Protocole de Kyoto et répondre à notre propre demande croissante d’énergie.  Parmi les sources possibles d’énergie de ce type, on retrouve l’hydroélectricité, l’énergie des marées (marémotrice) et celle du vent (éolienne), les énergies solaire et nucléaire, ainsi que l’énergie de la biomasse et l’énergie géothermique (il sera brièvement question ci-après de chacune de ces filières énergétiques).  On peut également réduire les émissions de CO2 en utilisant plus efficacement l’énergie fournie par les combustibles fossiles ou bien en séquestrant le CO2 pour empêcher qu’il s’accumule dans l’atmosphère.  Selon le Pembina Institute for Appropriate Development(4), le Canada accuse un retard par rapport à bon nombre de pays industrialisés aux chapitres de la quantité d’énergie renouvelable utilisée et des dépenses consacrées à la recherche-développement sur les diverses formes d’énergie renouvelable.

ÉNERGIE PRODUITE PAR DES COMBUSTIBLES FOSSILES

On peut contribuer à réduire les débits d’émission de CO2 en réduisant la quantité de carbone libérée par unité d’énergie dérivée du brûlage de combustibles fossiles.  Une façon d’y arriver consiste à passer du charbon et du pétrole au gaz naturel(5), qui est le combustible fossile dont la combustion produit le moins de résidus et dont l’intensité carbonique est la moins forte(6).  On a observé un important virage dans cette direction ces dix dernières années, mais la hausse des prix du gaz naturel a ralenti la tendance.  Le prix moyen de l’électricité produite par les centrales alimentées aux combustibles fossiles s’établit à environ 3 cents américains le kilowattheure (kWh), si l’on fait abstraction des coûts liés à la santé et à l’environnement. Toutefois, lorsque ces coûts sont inclus (internalisés), le prix réel du charbon est plus proche de 7 cents américains le kWh selon les estimations(7).  (Un kWh peut faire fonctionner une ampoule de 100 W pendant dix heures.)  Par ailleurs, ces dernières années sont apparues de nouvelles technologies non polluantes d’utilisation du charbon, notamment la gazéification intégrée à cycle combiné (GICC), dont la grande efficacité entraîne une consommation moindre de charbon par unité de rendement énergétique, ce qui réduit de beaucoup les émissions de CO2.  De plus, le gaz de synthèse produit par la GICC peut être converti en carburants de transport qui se distinguent par des taux d’émission très inférieurs à ceux des carburants traditionnels(8).  Ces systèmes sont relativement coûteux, mais leur prix devrait baisser au cours des prochaines années.

Le captage et le stockage du carbone(9) dans des gisements de pétrole et de gaz épuisés à de grandes profondeurs océaniques ou sous terre sont examinés comme solution possible pour prévenir l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère.  Bien qu’il s’agisse d’une option réalisable sur le plan technique, on possède peu d’information sur la stabilité à long terme de tels gisements, et on estime que cette solution augmenterait probablement le coût de la production d’électricité d’environ 30 p. 100.

En dernière analyse, cependant, il faut réduire notre dépendance envers les combustibles fossiles.  Si l’ensemble des réserves mondiales de ces combustibles étaient brûlées, les concentrations atmosphériques de CO2 atteindraient de 4 à 8 fois les niveaux d’avant l’ère industrielle et, selon des prévisions, la hausse de température serait de 3 à 15 ºC(10).

ÉNERGIE HYDROÉLECTRIQUE ET ÉNERGIE MARÉMOTRICE

À l’heure actuelle, la forme d’énergie renouvelable la plus utilisée pour la production d’électricité est l’énergie hydraulique.  Celle-ci représente presque 19 p. 100 de la production électrique mondiale et, au Canada, elle contribue à produire environ 67 000 mégawatts (MW) d’électricité (1 MW équivalant à 1 000 kW)(11).  La production de l’énergie hydroélectrique coûte généralement plus cher par kWh que celle de l’énergie d’origine fossile, mais elle ne produit pas de gaz de combustion ni de déchets solides.  En outre, les frais d’exploitation des centrales hydroélectriques sont habituellement peu élevés, pour deux raisons : on évite l’achat de combustibles et les besoins en matière de maintenance sont minimes. L’énergie hydroélectrique n’est cependant pas dénuée d’effets sur l’environnement.  Pour aménager des barrages et des réservoirs, il faut modifier grandement les niveaux d’eau, perturber l’écoulement de l’eau et généralement inonder de vastes zones, ce qui peut avoir des répercussions très négatives sur la flore et la faune des environs, ainsi que sur la population humaine locale.  Qui plus est, la capacité mondiale de production d’énergie hydroélectrique  est limitée.   Si tout le potentiel de production économiquement réalisable était exploité, la production actuelle, qui est d’environ 700 000 MW, pourrait tripler(12), ce qui équivaudrait à seulement 2,15 TW.  L’effort serait utile, mais il faudrait tout de même puiser à d’autres sources non basées sur le carbone pour répondre aux besoins futurs en énergie.

L’énergie marémotrice exploite également l’eau, plus précisément le cycle journalier des marées lié à l’attraction exercée par la Lune.   Toutefois, elle ne peut être produite qu’en un nombre limité de secteurs côtiers où la topographie permet de rentabiliser la construction et l’exploitation d’une centrale.  Il y a une seule centrale marémotrice en service en Amérique du Nord, soit celle d’Annapolis Royal(13), en Nouvelle-Écosse, qui exploite les marées de la baie de Fundy, les plus hautes au monde, et dont la puissance installée maximale s’élève à 20 MW.  Néanmoins, les marées sont essentiellement périodiques et on n’a pas encore mis au point les techniques permettant le réajustement de la production d’énergie.

ÉNERGIE ÉOLIENNE

Des sources d’énergie renouvelable, le vent est celle qui rivalise le plus avec les combustibles fossiles pour ce qui est des prix.  Au Canada, le coût de la production d’électricité éolienne est passé de 30 à 5,8 cents (en devises canadiennes) le kWh au cours des dix dernières années(14). Selon des estimations, le coût équivalent aux États-Unis serait de 3 à 4 cents (en devises américaines) le kWh(15).  Au printemps 2001, la puissance installée éolienne mondiale a atteint 10 000 MW alors qu’à la fin de 2010, la production annuelle du Canada seul équivaudra à cette quantité(16).  Selon une étude menée aux États-Unis en 1997, 34 États disposent de ressources éoliennes de grande qualité et l’énergie éolienne pourrait permettre de réduire considérablement les émissions de GES dans ce pays(17).  Au Canada, il existe d’abondantes ressources en énergie éolienne; les régions qui présentent les meilleures conditions pour l’exploitation d’éoliennes sont la Gaspésie, au Québec, les provinces maritimes, le sud de l’Alberta et de la Saskatchewan, ainsi que le Grand Nord.  Toutefois, comme la vitesse du vent est fortement dépendante de la topographie, on relève des conditions propices à l’exploitation de l’énergie éolienne dans de nombreuses régions du pays(18).  Il est possible de compenser en grande partie l’inconvénient qu’entraîne l’intermittence de la production de l’énergie éolienne et de beaucoup d’autres sources d’énergie renouvelable en diversifiant l’éventail des sources utilisées.

ÉNERGIE SOLAIRE

À environ 12 cents (en devises américaines) le kWh, l’électricité solaire photovoltaïque provenant des grandes centrales les plus économiques demeure plus coûteuse que l’électricité d’origine fossile(19).  Toutefois, son coût a déjà chuté considérablement et la tendance devrait se poursuivre durant les vingt prochaines années et cette forme d’énergie devrait devenir concurrentielle.  En réalité, l’énergie solaire est déjà concurrentielle dans certains marchés à créneaux, c’est-à-dire surtout dans les régions éloignées des centres de population et les collectivités en développement qui ne sont pas reliées aux réseaux de distribution d’électricité. On estime qu’un parc de panneaux photovoltaïques exploitant la technologie courante installés dans une zone de 26 000 km2 pourrait produire suffisamment pour répondre aux besoins en énergie des États-Unis.  Cette zone équivaut au quart de la superficie couverte par les routes américaines.  Bien sûr, la superficie requise serait fortement réduite si l’on utilisait l’énergie solaire de concert avec d’autres technologies énergétiques(20).

Au cours de la dernière décennie, la technologie photovoltaïque a répondu aux besoins d’un nombre croissant de marchés extérieurs au réseau d’alimentation en électricité au Canada(21).  Elle ne peut cependant encore concurrencer les fournisseurs d’énergie qui desservent les clients reliés au réseau.  En 1999, la puissance photovoltaïque installée du Canada a atteint 5,8 MW(22).  La production de panneaux photovoltaïques nécessiterait un investissement en énergie, qui serait cependant amorti sur une période de trois à quatre ans, sans compter que les réductions d’émissions de CO2 dépasseraient de beaucoup les émissions résultant de la fabrication des panneaux.

ÉNERGIE NUCLÉAIRE

La fission nucléaire réalisée pour la production d’énergie dégage beaucoup moins de GES que l’utilisation des combustibles fossiles.   En effet, les émissions initiales résultant de la construction des centrales sont rapidement contrebalancées, comme dans le cas des panneaux photovoltaïques.  En supposant que l’électricité d’origine nucléaire remplace l’électricité d’origine fossile, on estime que le niveau actuel d’utilisation de l’énergie nucléaire réduit les émissions de carbone à l’échelle planétaire dans une proportion pouvant atteindre 17 p. 100 dans le secteur de la production d’électricité(23).  Le passage à la production principalement nucléaire, entre la fin des années 1970 et le début des années 1990, a permis à la France de réduire ses émissions de CO2 de 80 p. 100 dans ce secteur(24).

Actuellement, plus de 400 centrales nucléaires sont en service dans le monde.  La majorité de ces centrales ont été construites dans les années 1970 et 1980 et atteindront sous peu la fin de leur vie utile de 40 ans.  On pourra vraisemblablement prolonger la période d’exploitation de ces centrales de 10 ou 20 ans, mais on aura bientôt besoin d’un bon nombre de nouveaux réacteurs, dont le prix unitaire moyen dépasse 2 milliards de dollars américains.  Pour que le secteur de l’énergie nucléaire puisse contribuer notablement à la réduction des émissions atmosphériques de CO2 au cours des prochaines années, il faudrait qu’il y ait environ dix fois plus de réacteurs qu’actuellement.  En plus du coût, la construction d’un tel nombre de centrales poserait d’énormes problèmes logistiques.

Les réserves de combustibles nucléaires – comme celles de combustibles fossiles – ne sont pas inépuisables.  Si l’on se base sur le taux de consommation actuel, on peut affirmer qu’il existe une réserve d’uranium peu coûteux exploitable sur 25 à 30 ans, toute projection au-delà de cet horizon étant hasardeuse(25).  Toutefois, les réacteurs surgénérateurs rapides, qui produisent plus de matière fissile qu’ils n’en consomment, offrent la possibilité de produire une énergie nucléaire essentiellement renouvelable.  Cela pourrait contribuer à étendre les réserves mondiales de combustible nucléaire, mais nombreux sont ceux qui craignent que la production concomitante de plutonium utilisable à des fins militaires augmente le risque de prolifération des armes nucléaires.  Le prélèvement d’uranium dans les mers, qui en renferment suffisamment pour satisfaire aux besoins d’énergie pendant des milliers d’années, est une autre solution possible au problème d’approvisionnement en combustible nucléaire; toutefois, la technologie actuelle ne le permet pas.  La fusion nucléaire, qui reproduit les réactions observées à l’intérieur du Soleil, pourrait produire une réserve quasi illimitée d’énergie propre, mais ce n’est pas avant longtemps qu’on pourra exploiter la technologie permettant de faire de ce phénomène une source utile d’énergie.

Les risques que présentent les technologies nucléaires sont sources d’inquiétude pour beaucoup de gens.   La sûreté des réacteurs et le stockage des déchets nucléaires présentent des difficultés qu’il importe de résoudre pour que ces technologies aient meilleure réputation.

ÉNERGIE DE LA BIOMASSE

Les ressources de la biomasse – y compris les résidus agricoles et industriels, les déchets urbains solides et les cultures énergétiques – peuvent servir de combustibles si on les brûle, seules ou avec du charbon, ou si on les gazéifie en vue de remplacer le gaz naturel.  On peut également transformer les produits de la biomasse en combustibles liquides, comme du méthanol, de l’éthanol et de l’hydrogène, pour remplacer les produits pétroliers dans les moteurs à combustion interne.  Beaucoup de pays en développement dépendent fortement des sources de biocombustibles.  En Asie et en Inde, ces derniers représentent respectivement le quart et la moitié de l’énergie utilisée(26).

Le coût actuel de l’énergie de la biomasse oscille entre 8 et 12 cents (en devises américaines) le kWh(27).  Outre son coût, cette forme d’énergie a l’inconvénient de ne permettre des réductions des émissions que si le CO2 libéré par la combustion est recyclé dans la production de nouveaux produits de la biomasse.  Par ailleurs, le brûlage de la biomasse peut libérer des particules et donc réduire la qualité de l’air, et la production de cultures spécialement pour l’obtention de biocombustibles peut susciter une concurrence pour l’utilisation de terres agricoles.   Pour ces raisons, il faut user de prudence afin de veiller à ce que l’exploitation de cette ressource soit efficace et respectueuse de l’environnement.

ÉNERGIE GÉOTHERMIQUE

Le magma chaud du noyau terrestre, qui rayonne constamment vers l’extérieur, est parfois expulsé à l’air libre sous forme de lave.   Habituellement, toutefois, il reste enfermé sous la croûte terrestre, où il chauffe les roches et les nappes d’eau souterraine.   L’eau ou la vapeur provenant de ces gisements hydrothermaux peuvent servir à entraîner des turbines et donc à produire de l’électricité.  La difficulté de prévoir le rendement et la durée de vie des gisements est un des obstacles empêchant la pleine exploitation des ressources géothermiques.  Aux États-Unis, la majorité de ces ressources se trouvent en Alaska, à Hawaii et dans les États de l’Ouest; la Californie et le Nevada viennent en tête de liste des États américains producteurs d’électricité d’origine hydrothermale(28).  À l’heure actuelle, sur l’ensemble du globe, les gisements hydrothermaux servent à produire environ 8 000 MW.  On estime à plus de 400 gigawatts (GW) le potentiel de production d’énergie géothermique du Canada(29).  La technologie actuelle ne permet toutefois d’exploiter de façon rentable qu’une fraction de l’immense bassin de ressources géothermiques de la Terre(30).

Par ailleurs, on peut faire circuler de l’air chaud et de l’eau chaude dans un circuit de tuyaux souterrains ou dans des bâtiments pour fournir de la chaleur.  Ces circuits à « pompe thermique » peuvent aussi être utilisés pour le refroidissement pendant les saisons chaudes.  Cette énergie provenant du sol pourrait remplacer les appareils de chauffage classiques(31), ce qui serait particulièrement utile au Canada, où le quart de l’énergie utilisée sert à chauffer et à refroidir l’eau et les bâtiments.

ÉNERGIE DE L’HYDROGÈNE

On ne saurait parler de l’avenir de l’approvisionnement énergétique mondial en faisant abstraction de l’hydrogène, qui présente une grande teneur en énergie.  La combustion de l’hydrogène pur ne produit pratiquement aucune pollution.  Toutefois, comme il n’existe pas d’hydrogène dans cet état sous une forme utilisable, il faut en produire à partir d’hydrocarbures ou par l’électrolyse de l’eau.  Par conséquent, le degré de « propreté » de l’hydrogène obtenu est déterminé par celui de l’énergie utilisée pour le produire : la production d’énergie de l’hydrogène ne peut aider à réduire les émissions de CO2, à moins qu’elle ne résulte de l’utilisation d’énergies renouvelables.

À l’heure actuelle, l’énergie de l’hydrogène ne trouve qu’un nombre limité d’applications, notamment pour la propulsion d’engins spatiaux.  Les piles à combustible(32) permettent d’extraire de l’hydrogène une certaine quantité d’énergie utile qui peut être adaptée pour servir dans des véhicules de transport ou des habitations ou à des fins industrielles.  Malgré les difficultés liées aux technologies, à la sécurité et aux coûts qui font obstacle au développement de cette filière énergétique, de nombreux spécialistes entrevoient l’époque où l’hydrogène occupera une position dominante à l’échelle mondiale en raison de sa capacité de transporter l’énergie, ce qui permettra de stocker de l’énergie et de l’utiliser ensuite là où on en aura besoin.   Devant l’irrégularité de nombreuses sources d’énergie renouvelable, l’hydrogène pourrait être le chaînon manquant qui permettrait de réaliser le plein potentiel de ces technologies.  Toutefois, pour atteindre ce but, les scientifiques devront surmonter maints obstacles techniques relatifs à l’hydrogène, notamment l’obligation d’utiliser des unités de stockage portables de grande capacité et l’absence d’infrastructure de transport.

CONCLUSION

Pour stabiliser les concentrations de GES à un niveau sécuritaire, il faudra de toute évidence dissocier l’utilisation de l’énergie et les émissions de carbone.  Il ne sera pas nécessaire pour cela de renoncer à toutes les sources d’énergie basée sur le carbone, mais il faudra néanmoins disposer de diverses sources d’énergie qui ne dégagent pas de GES.  Il ne faut cependant pas s’attendre à trouver une panacée qui permettra de répondre à la fois à la hausse des besoins en énergie et à la nécessité de réduire les émissions de GES.  Il n’existe pas de solution unique permettant de satisfaire aux besoins futurs en énergie, et bon nombre de celles dont il a été question ici sont encore au stade embryonnaire de leur développement technologique.  Pour atteindre l’objectif de stabilisation des concentrations atmosphériques de CO2, il faudra donc mener des travaux de recherche et développement dans tous les secteurs.

ADRESSES INTERNET INTÉRESSANTES

Pour plus de renseignements :

- Énergie hydroélectrique/marémotrice

- Énergie éolienne

- Énergie solaire

- Énergie nucléaire

- Énergie de la biomasse

- Énergie géothermique

- Pembina Institute for Appropriate Development (en anglais seulement)

- Association canadienne de l’hydroélectricité

- Association canadienne d’énergie éolienne

- Société d’énergie solaire du Canada (en anglais seulement)

- Société nucléaire canadienne

- Association canadienne du gaz (en anglais seulement)

- Energy Efficiency and Renewable Energy Network (ministère de l’Énergie des États-Unis) (en anglais seulement)


(1)   Article 2 (« Objectif ») de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiquesé

(2)  http://www.unfccc.de/resource/convkp.html.

(3)  Martin I. Hoffert et al., « Energy implications of future stabilization of atmospheric CO2 content », Nature, 395, 28 octobre 1998, p. 881-884.

(4)  http://www.pembina.org/pubs/pdf/cre.pdf (en anglais seulement).

(5)  http://www.gastechnology.org/pub/oldcontent/pubs3/e+s/f96e-s-featr.html (en anglais seulement).

(6)  President’s Committee of Advisors on Science and Technology, Panel on International Cooperation in Energy Research, Development, and Deployment, Powerful Partnerships: The Federal Role in International Cooperation on Energy Innovation, juin 1999, p. 1-7, 5-2.

(7)  Mark Z. Jacobson et Gilbert M. Masters, « Exploiting Wind Versus Coal », Science, vol. 293, 24 août 2001, p. 1438.

(8)  National Laboratories Directors for the U.S. Department of Energy, Technology Opportunities to Reduce U.S. Greenhouse Gas Emissions, octobre 1997, (en anglais seulement).

(9)  http://www.nrcan.gc.ca/es/oerd/publications/publications/CO2p. 10020Capturep. 10020&p. 10020Storage_f.pdf

(10)  James F. Kasting, « The Carbon Cycle, Climate, and the Long-Term Effects of Fossil Fuel Burning », Consequences: The Nature and Implications of Environmental Change, vol. 4, no 1, 1998,

www.gcrio.org/CONSEQUENCES/vol4no1/carbcycle.html.

(11)   Association canadienne de l’hydroélectricité, « Info éclair ».

(12)  International Hydropower Association, Agence internationale de l’énergie et Association canadienne de l’hydroélectricité, Hydropower and the World’s Energy Future:  The role of hydropower in bringing clean, renewable, energy to the world, novembre 2000, p. 1.

(13)  http://www.nspower.ca/AboutUs/OurBusiness/PowerProduction/HowWeGeneratePower/TidalPower.html (en anglais seulement).

(14)   Association canadienne de l’énergie éolienne, Quick Facts, 2001, (en anglais seulement).

(15)   Jacobson et Masters (2001).

(16)  « Wind Power Projects Covering More Landscape », Energy Analects, vol. 30, no 18, 4 septembre 2001, p. 1-3.

(17)  National Laboratories Directors for the U.S. Department of Energy (1997).

(18)   Réseau canadien des énergies renouvelables, Énergie éolienne : évaluation des ressources, 13 avril 2000.

(19)  Energy Efficiency and Renewable Energy Network, Concentrating Solar Power:  Energy from Mirrors. Renseignements sur l’énergie destinés aux consommateurs dans la série de bulletins d’information (« Fact Sheets ») de l’EREC (Energy Efficiency and Renewable Energy Clearinghouse), mars 2001.

(20)  J.A Turner, « A Realizable Renewable Energy Future », Science, vol. 285, 1999, p. 687.

(21)  http://cedrl.mets.nrcan.gc.ca/pubs/cedrl_2001_45_tr_411_pvpstr_2000_report_f.pdf.

(22)  Lisa Dignard-Bailey, État et perspectives de la technologie photovoltaïque – Rapport annuel du Canada 2000, Laboratoire de recherche en diversification énergétique de CANMET, Ressources naturelles Canada, 2000,

http://cedrl.mets.nrcan.gc.ca/pubs/cedrl_2001_45_tr_411_pvpstr_2000_report_f.pdf.

(23)   Agence pour l’énergie nucléaire de l’OCDE, L’énergie nucléaire et le changement climatique, 1998.

(24)  National Laboratories Directors for the U.S. Department of Energy (1997).

(25)   Agence internationale de l’énergie, Organisation de coopération et de développement économiques, Perspectives énergétiques mondiales 2000, 2000, p. 289.

(26)  J. Lelieveld et al., « The India Ocean Experiment: Widespread Air Pollution from South and Southeast Asia », Science, vol. 291, n5506, 9 février 2001, p. 1031-1036.

(27)  Electric Power Research Institute, cité par John A. Turner, « Biomass in the Energy Picture », Science, vol. 285, no 5431, 20 août 1999, p. 1209.

(28)  Energy Efficiency and Renewable Energy Network, rubrique « Frequently Asked Questions », What is Geothermal Energy?, U.S. Department of Energy’s Geothermal Energy Program, 2001, (en anglais seulement).

(29)  D.K. Blamire, Utility Perspective on Technology related to Greenhouse Gas Abatement, Nova Scotia Power Inc., mars 1999.

(30)  National Laboratories Directors for the U.S. Department of Energy (1997).

(31)  Energy Efficiency and Renewable Energy Network (2001).

(32)  http://www.nrcan.gc.ca/es/etb/cetc/cetc01/htmldocs/factsheet_fuel_cells_f.html.