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BP-243F LES PARTIS POLITIQUES ET
LEUR
Rédaction
:
TABLE
DES MATIÈRES HISTOIRE DES PARTIS POLITIQUES DU CANADA LA LOI SUR LE PARLEMENT DU CANADA B. Période des questions et débats B. Attribution des bureaux et des sièges en Chambre C. Autres services et installations ASSEMBLÉES LÉGISLATIVES PROVINCIALES
LES PARTIS POLITIQUES ET LEUR RECONNAISSANCE AU PARLEMENT
Dans le présent document, nous examinons la question de la reconnaissance des partis politiques à la Chambre des communes du Canada. Nous y présentons dabord un bref historique des partis à la Chambre en donnant un aperçu de leur rôle et de leur importance. Nous y abordons ensuite les questions de la reconnaissance officielle des partis, des indemnités spéciales et des avantages accordés aux partis et à leur chef, de la répartition du temps entre les partis au cours de la période des questions et des débats, de lattribution des sièges à la Chambre et des locaux, ainsi que de laccès aux services parlementaires. Ces questions, entre autres, ont été soulevées à plusieurs reprises au cours des dernières années. Les événements récents à cet égard sont résumés dans la conclusion. Il faut dire tout de suite que ces questions relèvent dun domaine relativement obscur du droit et de la pratique parlementaires et quil nexiste que peu de règles précises en la matière. On se fie beaucoup à la tradition et à la pratique parlementaires et les précédents qui existent, quoiquils aient une certaine force de persuasion, ne sont nullement déterminants. Un survol rapide de lhistoire parlementaire nous permet de constater clairement que le pragmatisme et lopportunisme politique comportent pour beaucoup : on attache une grande importance aux circonstances particulières, aux relations entre les partis, etc. Les décisions daccorder la reconnaissance officielle sont souvent prises cas par cas. De plus, les avantages découlant de cette reconnaissance étaient relativement peu importants et cest sans doute en partie pour cette raison que ces questions nont guère été débattues jusquà tout récemment. Il faut aussi se rappeler que les partis politiques peuvent être reconnus à certaines fins, sans lêtre pour dautres. Autrement dit, la reconnaissance nest pas un geste unique : différents critères et différentes considérations entrent en jeu selon le cas particulier ou les répercussions de la décision. Parallèlement, la reconnaissance accordée à une fin particulière ajoute à la crédibilité du parti ainsi reconnu et lui donne des arguments pour se voir reconnaître à dautres fins. Il y a une question connexe dont il faut tenir compte, soit limportance de déterminer qui prend la décision sur une question précise et de connaître quels sont ses pouvoirs discrétionnaires. Les dispositions légales ne peuvent être modifiées que par le Parlement tandis que les dispositions réglementaires peuvent être modifiées par le gouverneur en conseil ou par une autre autorité (gouvernementale). À lopposé, il y a des décisions administratives qui sont beaucoup plus souples et beaucoup plus faciles à changer. Pour ce qui est de la reconnaissance des partis politiques à la Chambre des communes, il y a les décisions du Président et du Bureau de régie interne (le «Bureau») et celles de la Chambre réunie en assemblée plénière. Il faut aussi faire une autre mise en garde. Les partis politiques nont acquis que récemment un statut légal au Canada(1). Leur enregistrement nest requis que depuis lentrée en vigueur de la nouvelle Loi électorale du Canada en 1970. Les modifications apportées à cette Loi en 1974 ont permis aux partis démettre des reçus aux fins dimpôt pour les dons reçus, en plus dobtenir le remboursement de certaines dépenses électorales et un certain temps dantenne. Aucune de ces dispositions nest directement liée à la reconnaissance des partis politiques à la Chambre des communes, mais si un parti ne senregistre pas, ses opposants disposeront peut-être darguments pour lui refuser certains privilèges ou avantages. Il ny a pas de définition unique reconnue de ce quest un «parti politique»; toutefois, lorsquun parti se conforme à la procédure denregistrement, se dote dune constitution et dun bureau dûment élu, etc., il est possible quil donne du poids à sa demande de reconnaissance. Si lhistoire parlementaire britannique repose sur des groupes politiques flous, plutôt que sur des partis politiques modernes, presque tous les cas récents qui se sont présentés au Canada ont mis en cause des partis bien établis et officiellement créés. En effet, on a souvent invoqué la longévité et lhistoire des partis pour demander certains droits et privilèges, et pour obtenir leur reconnaissance. En 1983, le président a suggéré quil y aurait peut-être lieu de faire une distinction entre les partis politiques qui ont pris part à une élection et ceux qui ont été formés par la suite. HISTOIRE DES PARTIS POLITIQUES DU CANADA Lhistoire détaillée de lavènement des partis politiques à la Chambre des communes du Canada dépasse le cadre du présent document. Quil suffise dindiquer que la notion de parti politique est un phénomène relativement récent. Les systèmes parlementaires se fondant sur le modèle du Parlement nont traditionnellement reconnu les partis ni pour les travaux du Parlement, ni en tant que personnes morales à des fins juridiques. Cela ne correspondait bien sûr pas à la réalité : depuis les années 1870 au moins, ce sont les partis politiques qui ont formé, contré et mis en minorité les gouvernement, ce qui exigeait la plupart du temps une discipline et une loyauté considérables de la part de leur membres. De plus, lidée traditionnelle du Parlement au dix-neuvième siècle saxait sur le bipartisme. Dans une certaine mesure, ce système tenait compte de la prédominance de deux partis importants. Cela correspondait également à lidée parlementaire dun gouvernement et dune opposition, ainsi quà laménagement de nombreuses salles où se réunissent les assemblées législatives. Le Canada a été le premier pays du Commonwealth à reconnaître officiellement le poste de chef de lopposition. Mais là encore, ce nétait pas lopposition, mais son chef, qui était reconnu. En 1944 encore, le premier ministre pouvait prétendre que lorsquil consultait lopposition, il était obligé uniquement de traiter avec le chef de lopposition, et non avec les chefs des autres partis : «Si cette dernière [lopposition] souhaite être divisée en groupes, naturellement cest son affaire»(2). Au Canada, il a fallu attendre 1896 pour que des députés qui nétaient ni libéraux ni conservateurs soient élus. Même là, ces députés furent perçus comme une aberration jusque vers les années 20, époque à laquelle des députés dautres partis, et non des députés indépendants, ont commencé à être élus en assez grand nombre et avec un appui et une crédibilité suffisants pour influer sur le système. Dans les années 30, le Crédit social et la Fédération du commonwealth coopératif (CCF), qui a précédé le NPD, ont été créés. Au début des années 60, il était devenu évident que ces tiers partis nallaient pas disparaître. Lélection fédérale de 1963 était la quatrième élection à être tenue en six ans et il ny en a eu quune au cours de laquelle un gouvernement majoritaire fut élu. Les gouvernements minoritaires comptent beaucoup sur le soutien des tiers partis, et cest dans ce contexte que la reconnaissance officielle a dabord été étendue à de tels partis politiques. Le gouvernement a proposé une modification à la Loi sur le Sénat et la Chambre des communes, qui a été adoptée, et qui a permis, pour la première fois dans lhistoire du Canada, à un chef de parti autre que le premier ministre et le chef de lopposition de recevoir une indemnité annuelle supplémentaire. Lélément primordial était en loccurrence la définition de ce quest un «parti politique» : selon la modification, seuls les députés qui dirigent un parti «comptant officiellement au moins 12 députés» seraient autorisés à recevoir un traitement supplémentaire de 4 000 $ par an. Il semble que la situation minoritaire dans laquelle se trouvait le nouveau gouvernement libéral de lépoque ait constitué la principale motivation qui lait poussé à proposer daccorder des indemnités aux chefs des tiers partis. Étant donné que le Crédit social et le NPD, individuellement ou ensemble, pouvaient garantir la survie du gouvernement lors des votes importants, ce dernier avait très évidemment intérêt à leur donner satisfaction. Il faut également noter que le Crédit Social et le CCF/NPD comptaient respectivement 24 et 17 députés, et que tous deux existaient depuis plus de 30 ans. On admettait de façon générale que les chefs de ces partis avaient des responsabilités plus grandes que les autres députés, et il na donc pas été très difficile de justifier les nouvelles indemnités. La condition voulant quun parti compte au moins 12 députés pour pouvoir être reconnu semble avoir été choisie par le gouvernement, sans consultation avec les partis dopposition(3). Ces derniers ne se sont pas opposés à la proposition lorsquelle leur a été soumise, mais elle némanait pas deux. Douze députés constituaient plus ou moins la représentation parlementaire moyenne à long terme du CCF/NPD et du Crédit Social. On craignait aussi sans doute quun chiffre trop bas entraînerait une prolifération de partis, comme cest le cas dans plusieurs pays européens. En 1944, le premier ministre Mackenzie King avait exprimé certaines réserves en déclarant : «un certain nombre dhonorables députés pourraient soudainement devenir chefs de parti, que le nombre de leurs adhérents soit considérables (sic) ou non et réclamer des droits et privilèges à la Chambre»(4). De toute manière, quelques semaines après que lexigence des 12 députés ait été intégrée à la loi, le Parti du Crédit Social sest scindé en deux, le Ralliement des Créditistes comptant 13 députés et le Parti du Crédit Social, qui avait sa base dans lOuest, regroupant les 11 députés restants. Il semble que le leader parlementaire du gouvernement ait par la suite admis quil aurait dû veiller à ce que le nombre minimum de députés requis pour constituer un parti soit fixé à 10 afin que les indemnités puissent continuer à être versées aux membres du Crédit Social. Le Parlement canadien avait compté dautres petits partis avant 1963. Jusque là, toutefois, il navait pas été question dun nombre minimum de députés. En fait, la reconnaissance des partis politiques nétait pas un problème important et navait pas dutilité pratique. Comme nous lavons indiqué plus haut, la procédure et la tradition parlementaires reposaient sur la «non-existence» des partis politiques et sappuyaient sur le concept de députés indépendants qui agissent séparément et seuls. Lorsquun parti ne devait pas compter nombre minimum de députés, les questions avaient tendance à être débattues en coulisse et au fur et à mesure quelles surgissaient. Il semble que lon ait peu ou pas discuté de la question et que sil y a eu à cet égard des décisions de la part des présidents à la Chambre des communes, elles aient été peu nombreuses. Il faut noter que lorsque, en 1963, il a été fixé quun parti devait compter au moins 12 députés pour être reconnu, il y avait 265 députés à la Chambre des communes. De nos jours, même si la Chambre comptait 295 sièges en 1996 et que le nombre de députés atteindra 301 après la prochaine élection générale, il suffit toujours quun parti ait 12 membres pour être reconnu. Lexigence dun nombre minimum de 12 députés navait été proposée à lorigine que dans loptique des indemnités destinées aux chefs de parti; il ne semble pas quelle ait eu dautres objectifs. Daprès John C. Courtney, «sur un plan technique, aucun lien nexiste entre le seuil de 12 députés établi dans la mesure législative de 1963 et la procédure parlementaire. Il est cependant à peu près certain, étant donné le calendrier des événements, que lexigence quun groupe parlementaire «compte officiellement au moins 12 députés» surgira à lavenir dans tout débat sur la réglementation et la législation relative aux partis politiques. Lexpression, et le chiffre en particulier, prendront graduellement un caractère dauthenticité»(5). Depuis 1963, les avantages indirects dont peuvent bénéficier les partis dopposition ont augmenté et se sont améliorés, comme nous le verrons plus loin. LA LOI SUR LE PARLEMENT DU CANADA La Loi sur le Sénat et la Chambre des communes fait maintenant partie de la Loi sur le Parlement du Canada. Cette dernière est le principal texte de loi traitant du Parlement, mais elle reste cependant nettement incomplète. Cette Loi est désuète et a été sporadiquement modifiée au cours des ans. La principale disposition qui importe pour notre propos actuel est celle qui prévoit une indemnité supplémentaire pour les chefs de certains partis politiques. Larticle 62 stipule que :
Le libellé est un peu gauche ici car il est question dun «parti comptant officiellement au moins douze députés» au lieu de donner une définition dun «parti reconnu». Il est prévu, aux paragraphes 62 d) et f) respectivement, des indemnités supplémentaires pour le whip et le leader dun parti qui compte officiellement au moins douze membres à la Chambre des communes. Larticle 67 stipule en outre que ces indemnités sont indexées selon la même formule que les indemnités de session des députés. Le paragraphe 50(3) de la Loi sur le Parlement du Canada prévoit aussi la constitution, pour la Chambre des communes, dun Bureau de régie interne composé de représentants du parti ministériel et des partis dopposition, en limitant encore une fois ceux-ci aux partis comptant «au moins douze députés». Dautres lois ont repris la même définition des partis politiques reconnus. Par exemple, la Loi sur le Service canadien du renseignement de sécurité prévoit que les membres du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité seront nommés après consultation du «chef de lopposition à la Chambre des communes et [du] chef de chacun des partis qui y disposent dau moins douze députés» (paragraphe 34(1)). Par contre, la Loi sur linstitut canadien pour la paix et la sécurité mondiales stipule simplement que les nominations sont faites après consultation du chef de lopposition et du «chef de tout autre parti reconnu à la Chambre des communes», ce qui permet déviter la condition du minimum de douze députés. Peu après la création des indemnités des chefs en 1968, le Règlement de la Chambre des communes a été modifié afin que soit reconnu à un porte-parole de chaque parti de lopposition le droit de faire de brefs commentaires en réponse à une déclaration dun ministre sur les motions présentées à la Chambre. Au début de 1966, les députés progressistes conservateurs de lopposition ont prétendu que le nouvel article du Règlement devrait être interprété à la lumière de la modification de 1963 apportée à la Loi sur le Sénat et la Chambre des communes. En dautres termes, ils demandaient que seuls les partis politiques «reconnus» - cest à dire ceux comptant au moins douze députés - soient autorisés à se prévaloir de la règle. Cela aurait eu pour effet dexclure les représentants du Crédit Social et du Parti créditiste, étant donné que leffectif parlementaire de ces partis était tombé à cinq et neuf députés respectivement à la suite de lélection générale de 1965. Le Président a rejeté largument des Progressistes conservateurs en indiquant que depuis 1951 au moins, les présidents avaient accepté le principe en vertu duquel un porte-parole de chaque parti de lopposition serait autorisé à faire des remarques sur les déclarations des ministres. Il a rappelé que cette pratique est mentionnée dans la quatrième édition (1958) de la Jurisprudence parlementaire dArthur Beauchesne. Le Président a estimé que la Chambre devrait en général se laisser guider non pas tellement par une interprétation littérale du Règlement, mais plutôt par la coutume des dernières années. Il a jugé que sauf si la Chambre était prête à définir de façon plus précise le droit de faire des commentaires sur les déclarations des ministres, un tel droit devrait être accordé au chef de lopposition officielle et, selon ses propres termes, «au porte-parole du Nouveau parti démocratique, du Ralliement des créditistes et du Parti Crédit Social», mais non aux députés indépendants(6). La décision du Président a été acceptée sans contestation et sans argument de la part de la Chambre. La règle pertinente figure maintenant à larticle 33(1) du Règlement. La Chambre na jamais donné suite à la suggestion du Président voulant quelle définisse plus précisément le droit de faire des commentaires sur les déclarations des ministres. La coutume daccorder le privilège de la parole aux représentants de chacun des partis moins importants de la Chambre a été codifiée dans le Règlement après être devenue une norme acceptable des travaux de la Chambre. Le fait que cette coutume se soit établie avant la modification de 1963 a été pertinente et la coutume et la pratique qui ont précédé lentrée en vigueur de larticle ont joué sur son interprétation. La décision du président a établi une distinction entre la règle de procédure et la définition légale relative à la reconnaissance, ce qui montre bien que la définition contenue désormais dans la Loi sur le Parlement du Canada nest pas déterminante à tous égards. Le Président a toutefois pris lhabitude, ces dernières années, de ne donner la parole quaux députés de formations comptant au moins douze députés pour répliquer aux déclarations de ministres. Il est cependant arrivé que lon permette à des représentants de formations plus réduites dintervenir. B. Période des questions et débats Il nest pas possible de donner une réponse simple à la question de la reconnaissance des partis politiques dans loptique des débats et de la période des questions. En 1979, à lépoque du gouvernement minoritaire progressiste conservateur, le premier ministre a présenté une motion portant création dun comité de sélection. Comme il ny était pas représenté, le Parti créditiste, qui comptait six députés à la Chambre, a proposé un amendement pour demander que lun des députés en fasse partie. Après un court débat, lamendement a été rejeté à la suite dun vote nominal. Le Président sest estimé lié par le vote à la lumière des débats qui lavaient précédé. Lorsque les Créditistes se sont plaint le lendemain du fait que leur chef navait pas été reconnu comme il se devait pour le débat sur le discours du Trône, le Président a décidé que, malgré les précédents, le vote limitait ses actes : «Au sujet de la décision à la Chambre, hier, je ne pourrais aller à lencontre de cette décision et donner un statut au Parti Crédit Social du Canada à la Chambre qui a été refusé par une décision formelle [...]»(7). Revenant sur cette question par la suite, il devait indiquer : [...] «il me semble que je doive considérer ce qui a été dit comme une déclaration de la Chambre. [...] Je ne suis pas autorisé à modifier ou à critiquer le moindrement cette décision de la Chambre»(8). En conséquence, le chef des Créditistes devait recevoir le même traitement que nimporte quel autre député. Le Président a énormément de latitude pour ce qui est de reconnaître les députés à la Chambre des communes. Il est cependant lié par les habitudes et les traditions, ainsi que par les décisions antérieures et les précédents; de plus, comme le montre laffaire de 1979, en tant que serviteur de la Chambre, il est lié par les décisions expresses prises par celle-ci. Lattribution des questions, pour la période des questions, se fait en gros selon le nombre de députés appartenant aux partis dopposition. Les chefs de parti se consultent passablement à ce sujet et établissent des plans; cest toutefois au Président que revient en définitive lautorité et le pouvoir de décision. Absolument rien nempêche le Président de permettre aux députés de nimporte quel parti de poser des questions pendant la période des questions, mais il y a peu ou pas de règles ou de politiques qui traitent de ce sujet. Pour ce qui est de participer aux débats, tous les députés peuvent se prévaloir de ce droit, sous réserve uniquement du respect des règles générales de la Chambre. Le seul problème qui pourrait se poser porte sur lordre dintervention des orateurs, étant donné que les chefs et les porte-parole de parti parlent généralement dans un ordre donné et à des moments précis. Le Règlement limite habituellement de temps de parole sauf pour le premier ministre et le chef de lopposition(9); les chefs des autres partis nont pas ce privilège. Là encore, les partis procèdent à de nombreuses négociations et consultations pour ce qui est des débats, du nombre dorateurs et de lordre dans lequel ils sadressent à la Chambre. En effet, il sembe y aller de lintérêt du gouvernement de tenter de sassurer la collaboration de tous les députés de lopposition afin déviter tout retard ou toute obstruction inutile. Les députés ont de nombreuses possibilités demployer les règles et les procédures au détriment des travaux de la Chambre; le déroulement des activités et le fonctionnement de la Chambre des communes reposent beaucoup sur la coopération et la négociation. La représentation au sein des comités est une autre question pertinente pour les partis politiques. En règle générale, la composition des comités correspond à celle de la Chambre des communes. Il peut donc se poser des problèmes pour les tiers partis et les députés indépendants. En règle générale, ces dernières années, les partis qui comptent moins de 12 députés à la Chambre ne sont pas représentés au sein des comités permanents ou législatifs. Le nombre élevé de comités et de séances de comités, qui fait que les membres de petits partis auraient du mal à sy faire représenter, y est sans doute pour quelque chose. Dans certains cas, cela se répercuterait aussi sur la représentation proportionnelle au sein des comités. Il est arrivé plus fréquemment que des membres de partis qui ne sont pas reconnus et des députés indépendants fassent partie de sous-comités et, à loccasion, de comités spéciaux. La notion de «membre associé» de comités permanents est né des modifications apportées au Règlement en 1994. Des députés indépendants et des membres de petits partis sont devenus membres associés, en qualité de quoi ils sont avisés des réunions du comité, font partie de sous-comités, et servent de suppléants aux membres permanents des comités (quoique très rarement)(10). En 1968, le gouvernement libéral, après avoir consulté les chefs des partis dopposition de la Chambre des communes, a annoncé que les partis dopposition officiellement reconnus - ceux comptant au moins 12 députés - auraient accès à des fonds pour la recherche. Ces fonds visaient à permettre au partis dopposition de critiquer les mesures législatives du gouvernement de façon plus efficace. Grâce à largent reçu, les partis dopposition devaient pouvoir engager du personnel, signer des contrats de services avec des particuliers et utiliser les installations techniques existant à la Chambre, comme par exemple les services dimprimerie. Le premier «budget de recherche» a été approuvé pour lannée financière débutant le 1er avril 1969. Il semblait à lorigine que ces sommes serviraient à aider les chefs des partis dopposition. Il a ensuite été établi que les services de recherche seraient mis aussi à la disposition des caucus de parti et des députés membres de ces caucus. Il est clair que lobjectif original des budgets de recherche de lopposition était daider les partis dopposition à remplir leur rôle de façon plus efficace. Étant donné les ressources et le savoir-faire dont dispose le gouvernement, il a été jugé que les partis dopposition devraient avoir accès à certains services de recherche qui leur soient propres, bien que de façon limitée(11). Depuis 1979, le parti qui forme le gouvernement est également prévu dans loctroi des budgets de recherche. Les budgets de recherche et les critères de financement sont prévus par le Bureau de régie interne et ils figurent au Budget des dépenses de la Chambre des communes. Les sommes accordées à chaque parti correspondent au nombre de sièges que le parti détient à la suite dune élection générale, bien que lon ait récemment modifié quelque peu la formule permettant darriver à ce calcul. De manière générale, le montant du budget annuel nest pas modifié pendant une législature en fonction des changements résultant délections partielles et dautres vacances à la Chambre. Les crédits budgétaires sont toutefois modifiés chaque année pour quil soit tenu compte de laugmentation du coût de la vie. Les principales règles doctroi du financement de recherche ont été modifiées au cours des ans afin quil soit tenu compte des réalités et des considérations politiques. Le Bureau de régie interne a le pouvoir de renoncer aux exigences dans certains cas particuliers, ou de changer les critères. À la suite de lélection générale de 1974, les Créditistes, qui navaient plus que 11 députés, nont pas eu droit à une affection de crédits pour le Bureau de recherche, mais ils ont continué à recevoir un financement de recherche. B. Attribution des bureaux et des sièges en Chambre Lattribution des bureaux aux députés dans les édifices du Parlement se fait surtout par voie de négociations entre les whips des partis et le Sergent darmes. Lattribution des sièges à la Chambre des communes est, traditionnellement, une question plus controversée. À la suite de la scission du Parti du Crédit Social en 1963, la question de lattribution des sièges aux partis dopposition sest posée. Les Créditistes avaient 13 députés tandis que le Crédit Social nen gardait que 11. Le Nouveau Parti démocratique, qui comptait 17 députés, a demandé à avoir des sièges à côté de lopposition officielle et à bénéficier du privilège de prendre la parole à la Chambre étant donné sa nouvelle position de troisième parti de la Chambre, par ordre dimportance. Le Crédit Social, qui disposait de moins de députés que les Créditistes et qui avait une trop faible représentation parlementaire pour que son chef bénéficie de lindemnité supplémentaire, a cependant demandé, en se fondant sur le fait quil existait depuis plus longtemps, à avoir la priorité sur les Créditistes pour prendre la parole et obtenir des sièges. Le Président a décidé de ne pas se prononcer : il a laissé clairement entendre que la responsabilité de «reconnaître» un parti politique revenait aux députés. Selon lui, cétait à la Chambre quil revenait de décider en loccurrence. Il devait ajouter :
C. Autres services et installations Il existe un grand nombre dautres services et installations sur la Colline parlementaire. Bon nombre de ces services sont mis à la disposition des députés dans leur ensemble; cela veut dire que chaque député, quil soit ou non affilié à un parti politique ou à un parti qui est ou non reconnu, peut sen prévaloir simplement en vertu de son titre de député. Il y a cependant des installations et des services qui sont essentiellement réservés aux «partis politiques reconnus». Laccès à ces derniers semble être avant tout une question administrative relevant du Président ou du Bureau de régie interne. Il semble que lon choisisse normalement de consulter les responsables de la Chambre et les représentants des autres partis politiques. Les présidents ne semblent pas avoir rendu de décisions sur ces questions en particulier. ASSEMBLÉES LÉGISLATIVES PROVINCIALES Il convient dexaminer brièvement les coutumes de diverses assemblées législatives provinciales. Au Manitoba, par exemple, des indemnités spéciales sont accordées au chef dun «parti dopposition reconnu», soit les députés élus à lassemblée qui appartiennent à un parti politique représenté à lassemblée par quatre députés au moins(13). Cette disposition de la Loi sur lAssemblée législative a été ajoutée en 1970, un an après lélection provinciale manitobaine au cours de laquelle le NPD a obtenu 28 sièges, les Progressistes conservateurs 22 et les Libéraux quatre. Au Québec, les lois régissant les indemnités des chefs ont été modifiées pour quil puisse être tenu compte du pourcentage du vote populaire obtenu par un parti lors dune élection, comme solution de rechange au nombre des sièges obtenus par celui-ci. Un minimum de 20 p. 100 des voix exprimées a été fixé. Cette disposition a été prise pour donner satisfaction au Parti Québécois dont les six sièges obtenus en 1970 et les sept obtenus en 1973 (sur plus de 100 sièges que compte lAssemblée nationale) ne reflétaient guère les 12 et 30 p. 100 du vote populaire quil avait obtenu lors des élections de ces deux années-là. À la suite de lélection de 1976, la loi a à nouveau été modifiée pour que soient accordés certains privilèges à lUnion nationale, qui navait ni obtenu les 12 sièges ni les 20 p. 100 des voix nécessaires pour devenir un parti à lAssemblée nationale; il a alors été bien précisé que cette modification du Règlement ne devait rester en vigueur que jusquà lélection suivante. Lors de lélection de 1989 au Québec, le Parti Égalité a fait élire quatre députés à lAssemblée nationale. Ce parti, qui était un parti politique enregistré, na pas été «reconnu» à lAssemblée nationale comme parti dopposition étant donné quil ne comptait pas les 12 députés nécessaires et quil navait pas obtenu 20 p. 100 du vote populaire. Néanmoins, il a été reconnu comme «formation politique» à lAssemblée et a bénéficié de ce fait de certains privilèges, dont des fonds de recherche, et le droit de siéger aux commissions. Un député du parti était généralement autorisé à poser une question à la fin de la période de questions tous les deux jours. Il faut également parler brièvement de la situation du Nouveau-Brunswick où les Libéraux ont obtenu la totalité des 58 sièges de lAssemblée législative lors de lélection provinciale de 1987. La Loi sur le financement de lactivité politique de la province prévoit loctroi de deniers publics aux partis représentés à lAssemblée législative. Le gouvernement a rejeté les demandes des Conservateurs et du NPD qui voulaient utiliser ces fonds à leur guise; il a plutôt accordé à ces partis dautres installations et services, y compris des bureaux, lutilisation de la bibliothèque parlementaire, le droit de prendre des notes de la tribune du public lors des délibérations législatives, la représentation au Comité dadministration de lAssemblée législative, la permission de présenter des questions écrites au Comité des comptes publics et la participation aux comités législatifs(14). Par la suite, des droits et des services supplémentaires ont été accordés aux partis dopposition non représentés. La question de la reconnaissance des partis a beaucoup retenu lattention à la Chambre des communes du Canada ces dernières années. Après lélection fédérale de 1988, des députés conservateurs et libéraux mécontents ont quitté leurs formations respectives pour former le Bloc Québécois; il sagissait au départ dun «mouvement» ou groupement sans structure plutôt que dune véritable formation politique. Il a par la suite été enregistré aux termes de la Loi électorale du Canada et un de ses représentants a été élu lors dune élection complémentaire en 1990. Jusquà lélection générale de 1993, le parti na jamais compté plus de huit députés, pour la plupart élus, faisait-on observer, comme représentants dautres formations. Le fait que le Bloc vise à faire sortir le Québec de la Confédération a sans aucun doute influé sur lattitude du public et des milieux politiques à son égard. À lélection générale de 1993, la représentation au Parlement de deux partis traditionnels est tombée à moins de 12 : les Conservateurs ne comptaient plus que deux députés, et les Néo-démocrates, neuf. Pas nés de la veille, ces partis étaient depuis longtemps représentés aux Communes et, dans le cas du Parti conservateur en particulier, avaient recueilli lappui dun nombre considérable délecteurs lors de lélection. Ces événements ont suscité beaucoup de questions de privilège et de débats en Chambre tant sur la reconnaissance des partis politiques que sur les droits et privilèges auxquels ils ont droit. En 1990, le Bureau de régie interne a refusé au Bloc Québécois les fonds réclamés pour la recherche et le bureau de son chef. Malgré le plaidoyer passionné dun de ses membres en Chambre en vue dobtenir des fonds additionnels, le Président a rejeté la demande en signalant que les députés du Bloc québécois avaient droit aux mêmes ressources financières et formes de soutien que tous les autres députés de la Chambre(15). Au même moment, un député qui avait quitté le caucus conservateur pour siéger comme indépendant a voulu être reconnu et enregistré comme «conservateur indépendant». Le Président a décidé quil ny trouvait aucun empêchement légal et ordonné que le député figure comme conservateur indépendant dans lannexe hebdomadaire des Débats, dans les annexes de lédition reliée des Débats et des Journaux, de même que dans tout autre document ou circonstance qui découle de ces annexes(16). Cette décision sest aussi appliquée aux membres du Bloc Québecois et à ceux dautres partis comptant moins de 12 députés. En 1994, le député de Winnipeg-Transcona, M. Bill Blaikie, a soulevé une question de privilège au sujet de la reconnaissance et du statut du Parti néo-démocrate. Tout en prétendant quil ne remettait pas en question les aspects financiers régis par la Loi sur le Parlement du Canada, il a évoqué divers précédents et arguments concernant les conventions et usages qui devraient inciter le Président à exercer son pouvoir discrétionnaire pour reconnaître les membres du NPD et leur accorder certains droits(17). Dans sa décision rendue le 16 juin 1994, le Président, Gilbert Parent, a rappelé que, en ce qui a trait à la reconnaissance des partis, il appartient à la Chambre de décider ou de lui tracer la voie. Il a indiqué que même sil incombe à la présidence de protéger les droits des membres de petits partis, le statut des partis minoritaires en Chambre a toujours été déterminé, de manière générale, par la composition politique de la Chambre. Pour ce qui est des revendications du NPD au sujet de la possibilité de poser davantage de questions en Chambre, le Président a fait remarquer que, au cours des deux derniers mois, les députés qui ne sont pas affiliés à un parti reconnu avaient participé presque chaque jour à la période réservée aux déclarations des députés et un jour sur deux en moyenne à la période de questions. Il sest engagé à continuer de favoriser la participation équitable et active de tous les députés aux travaux de la chambre, mais il a indiqué ne pas se croire en droit dagir unilatéralement ou de changer les coutumes sans instruction de la Chambre. Il sest toutefois disposé à modifier la répartition des sièges à la Chambre, en ordonnant que les députés du NPD et du Parti conservateur soient regroupés, la priorité de leurs chefs respectifs déterminant leur ordre dans le rôle(18). Comme M. Blaikie la écrit par la suite, le Président a accepté dapporter des changements là où il jugeait quil avait lautonomie voulue, cest-à-dire lattribution des sièges. Sur dautres questions, le Président sest vu cependant comme le serviteur de la Chambre, et M. Blaikie a estimé quil ne sétait pas penché sur certains des principaux enjeux soulevés par lui, dont limportance et linterprétation de lexigence des 12 membres établie par la Loi sur le Parlement du Canada, le rôle du Président dans la protection des droits des minorités, et la fréquence à laquelle les partis minoritaires obtiennent la parole pendant la période de questions. M. Blaikie croit que la décision fera en sorte que le traitement réservé au Bloc Québécois lors de la 34e législature servira de modèle au traitement que les présidents accorderont aux petits partis dorénavant(19). Comme le montre la brève discussion qui précède, il nexiste que peu de règles précises quant à la reconnaissance des partis politiques par la Chambre des communes du Canada. La modification apportée en 1963 à ce qui est maintenant la Loi sur le Parlement du Canada a amené la notion que seuls les groupes comptant au moins 12 députés seront reconnus. Étant donné que cest pour ainsi dire la seule «définition» de ce quest un parti politique reconnu ou officiel, le minimum de 12 députés a été utilisé à dautres fins et repris dans dautres situations. Il ne faut toutefois pas oublier que la Loi porte essentiellement sur les indemnités supplémentaires destinées aux chefs de parti. Assez tôt, la modification apportée à la Loi en 1963 au sujet des indemnités a été mêlée à des revendications de procédure relative au privilège de la parole et à lattribution des sièges bien que, techniquement, ces questions naient rien à voir lune avec lautre. Ce sont les événements du moment qui ont amené lintroduction de lexpression «comptant officiellement au moins douze députés à la Chambre des communes» dans les débats ultérieurs concernant les règlements, les lois et les politiques relatifs aux partis politiques. Lexpression, ou plus précisément le nombre, allait petit à petit acquérir une authenticité qui lui serait propre. Dautres tiers partis et mouvements politiques ont existé avant 1963. Mais au fur et à mesure que les avantages indirects accordés aux partis dopposition, comme les indemnités supplémentaires et les budgets de recherche, ont augmenté, les différends et les controverses concernant la reconnaissance se sont accrus en nombre. Les questions extra-financières, telles que lattribution des sièges à la Chambre des communes et le fait daccorder la parole lors dun débat, sont dun intérêt plus durable, mais il semble que lon soit arrivé de façon générale à les résoudre par la négociation et la consultation entre les partis. La reconnaissance peut être accordée pour certaines raisons et non pour dautres. La règle du «tout» ou «rien» ne sapplique pas. La solution des problèmes fait beaucoup appel au pragmatisme et au bon sens. Le problème de la répartition des sièges survenu en 1963, comme bien dautres problèmes moins litigieux qui sétaient posés auparavant et qui se sont posés depuis, a été réglé de façon purement ponctuelle par ladoption de recommandations dun comité parlementaire se fondant sur un amalgame des revendications du NPD et du Crédit Social. Comme la fait remarquer un observateur : «On a remédié à la situation tendue du moment, mais les députés nont pas proposé de solution à long terme à ce problème et se sont contentés dadmettre la primauté de la Chambre en la matière et daccepter tacitement le défi de résoudre chaque problème de «reconnaissance» selon son bien-fondé»(20). Comme la montré la décision que le Président a prise en 1963 au sujet de lattribution des sièges, la «reconnaissance» dun parti politique est une question dont la Chambre doit décider. Le Président et le Bureau de régie interne ont une certaine latitude et beaucoup de problèmes peuvent être réglés sur le plan administratif ou à lamiable entre députés. La décision la plus récente rendue à ce sujet, en juin 1994, est venue confirmer que le Président, répugnant à agir unilatéralement, continue dattendre les instructions et le bon vouloir de la Chambre.
(1) Voir John C. Courtney, «Recognition of Canadian Political Parties in Parliament and in Law», Revue canadienne de science politique, vol. XI, no 1, mars 1978. (2) Chambre des communes, Débats, 16 février 1944, p. 580. M. Mackenzie King sest également prononcé avec force contre le fait daccorder la reconnaissance à des tiers partis en 1940 : voir Débats, 15 novembre 1940, p. 132-135. (3) Courtney (1978), note 1, p. 39. (4) Chambre des communes, Débats, 16 février 1944, p. 580. (5) Courtney (1978), p. 39 (traduction). (6) Chambre des communes, Débats, 18 février 1996, p. 1434-1435; voir également le Recueil de décisions du Président Lucien Lamoureux, 1966-1974, Ottawa, 1985, p. 156. (7) Chambre des communes, Débats, 10 octobre 1979, p. 49. (8) Chambre des communes, Débats, 11 octobre 1979, p. 69. (9) Voir les articles 50(2), 84(7), 101(3) et 43 du Règlement de la Chambre des communes. (10) Paragraphe 104(4) du Règlement. (11) Voir Edwin R. Black, «Opposition Research: Some Theories and Practice», Canadian Public Administration, vol. 15 (1972), p. 26. (12) Chambre des communes, Débats, 30 septembre 1963, p. 3158-3159. (13) Manitoba, Loi sur lAssemblée législative, R.S.M. 1970, c. L-110, art. 61(1), (2), (6). (14) Voir Steward Hyson, «Où est passée l«Opposition loyale de Sa Majesté» dans la province loyaliste?» Revue parlementaire canadienne, été 1988, p. 24-27. (15) Chambre des communes, Débats, 13 décembre 1990, p. 16703-16704. (16) Chambre des communes, Débats, 13 décembre 1990, p. 16705-16706. (17) Chamre des communes, Débats, 1er juin 1994, p. 4703-4709. (18) Chambre des communes, Débats, 16 juin 1994, p. 5437-5440. (19) Bill Blaikie, «Réflexions sur la décision du Président», Revue parlementaire, automne 1994, p. 36. (20) John C. Courtney (1978), p. 38 (traduction). |