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| PRB 98-1F IMPACT DE LA STbr SUR LA SANTÉ Rédaction : Les impacts de la STbr sur la santé humaine et animale font encore lobjet de controverse. Certains faits semblent être acceptés par tous :
Les organismes indiqués ci-après ont conclu que le lait issu de vaches traitées à la somatotropine bovine recombinante (STbr) selon les bonnes pratiques vétérinaires ne présente aucun danger pour la santé humaine :
La Division de linnocuité pour les humains (DIH) de Santé Canada avait au départ recommandé quautorisation soit donnée de mettre la STbr en circulation parce quelle jugeait que cette hormone ne posait pas de risque pour la santé humaine. Cependant, certains points méritent lattention, notamment lactivité de la STbr et de lIGF-1 dans le corps humain. Certains soutiennent que la STbr est dégradée, comme toute autre protéine, par le processus de digestion et quelle est inactive chez lhumain car elle est spécifique à lespèce bovine. Il est également soutenu que lIGF-1 est dégradé dans le tube digestif, ce qui le rend biologiquement inactif. Selon le rapport dexamen interne de Santé Canada daté du 10 juin 1998 et intitulé « rbST (Nutrilac) « Gaps Analysis » Report » (Rapport d'analyse des lacunes), lhypothèse que ni la STbr ni lIGF-1 nont dactivité biologique lorsquelles sont administrées par voie orales ne serait pas juste en toute circonstances. En effet, une étude de 90 jours portant sur un exposition subchronique chez le rat et présentée par Monsanto a montré quaprès ladministration de fortes doses de STbr par voie orales celle-ci peut être absorbée sous forme intacte à partir du tube digestif et provoquer une réponse immunitaire. Les conséquences de cette observation nont pas été pleinement évaluées par la DIH. Selon ce même rapport, de récentes données expérimentales indiquent que lIGF-1 peut survivre dans le tube digestif et quil peut être absorbé sous forme intacte, en particulier lorsquil est ingéré en présence de protéines du lait. Le rapport demande que les effets locaux des résidus dIGF-1 présents dans le lait de vaches traitées à la STbr soient étudiés plus en détails et que les expositions à lIGF-1 présentées en février 1998 à la conférence du Comité conjoint FAO-OMS sur les additifs alimentaires soient vérifiées chez les nouveau-nés. En effet, le Comité conjoint FAO-OMS sur les additifs alimentaires a conclu en février 1998 que laugmentation de la concentration en IGF-I dans le lait issu de vaches traitées à la STbr est inférieure à la concentration que lon trouve dans le système gastro-intestinal ainsi que dans dautres parties du corps humain. Labsorption dIGF-1 suite à la consommation de lait ne devrait pas entraîner une augmentation de sa concentration dans le corps et les organes même si la totalité dIGF-1 présent dans le lait est absorbée intact dans le tube digestif. Les conséquences dune augmentation de lutilisation dantibiotiques pour combattre le nombre plus important de mammites dues au traitement à la STbr sont également un sujet de préoccupation (voir la section sur la santé animale). En février 1998, le Comité conjoint FAO-OMS sur les additifs alimentaires a étudié la possible contamination du lait par suite de laugmentation du nombre de mammites et de ladministration dantibiotiques à laquelle il faudrait procéder pour combattre une telle augmentation. Il a conclut que lutilisation de la STbr naccroît pas les risques pour la santé humaine une fois que des antibiotiques ont été employés pour traiter les mammites. Laugmentation potentielle de résidus dantibiotiques dans le lait peut être gérée par les pratiques qui existent déjà dans lindustrie laitière(2). Selon le rapport dexamen interne de Santé Canada, le fait que lutilisation de la STbr serait associée à une fréquence accrue de mammites (comme Monsanto le précise sur létiquette du produit) aurait des répercussions sur la santé publique. La possibilité de lapparition dune résistance aux antibiotiques chez les agents pathogènes transmissibles aux humains na pas été étudiée. Lévaluation de Santé Canada est toujours en cours. Actuellement, deux groupes dexperts sous légide de lAssociation canadienne des médecins vétérinaires pour le côté santé animale et du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada pour les aspects de santé humaine font une évaluation du produit. Cette évaluation sera incluse dans le processus de décision. Le premier effet négatif important sur la santé des animaux traités à la somatotropine bovine recombinante (STbr) serait une éventuelle augmentation de lapparition de mammites(3). Plusieurs facteurs favorisent lapparition de mammites : le stade de lactation, lenvironnement, le troupeau, la saison, etc. Des études ont montré quil existe une relation entre le niveau de production laitière et lincidence de la mammite, que les vaches soient traitées ou non avec de la STbr. Les vaches traitées à la STbr produisant plus de lait, il a été suggéré que laugmentation du nombre de mammites serait attribuable à leur niveau de production supérieur et non au traitement avec lhormone. Il est difficile de déterminer quelle part peut jouer le traitement à la STbr dans laugmentation du nombre de mammites. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA)(4) a conclu que lutilisation du Posilac® (nom du produit à base de STbr commercialisé par Monsanto) nétait pas biologiquement significative dans lapparition de mammites par unité de lait produit parce que, comparativement aux autres grandes causes de lapparition de mammites, la STbr a des effets peu importants. Dautre part, le Comité des médicaments vétérinaires de lUnion Européenne a conclu que lemploi des techniques statistiques classiques ne permet pas de conclure que le traitement à la STbr a un effet direct sur lapparition de mammites. Monsanto reconnaît cependant que lutilisation de la STbr peut accroître les risques dapparition de mammites, mais ajoute que dautres facteurs pouvant être gérés entrent alors en ligne de compte. Sur létiquette du produit, la société recommande donc aux agriculteurs dévaluer les pratiques de prévention de la mammite quils utilisent avant de se servir du produit. Dans une étude publiée en 1997, la Virginia Polytechnic Institute and State University remet cependant en cause la méthode employée par la FDA pour évaluer leffet de la STbr sur lapparition de mammites. Elle affirme que les conclusions de la FDA sont en contradiction avec les résultats analysés dans létude et quil faut revoir létiquetage qui laisse entendre que les bonnes pratiques de gestion sont efficaces dans la prévention de la mammite. Dans son étude, luniversité révèle également la faiblesse de certaines conclusions tirées de la littérature scientifique qui a servi à lévaluation de leffet de la STbr sur lapparition de mammites aux États-Unis. Linfluence réelle de la STbr sur lapparition de mammites reste donc un sujet de discussion. En ce qui concerne dautres impacts de la STbr sur la santé animale, létiquette du produit proposée par Monsanto fait état dun certain nombre deffets indésirables tels que des problèmes digestifs, des boiteries et lésions au niveau du pied, des problèmes de reproduction etc. Ceci est confirmé par un rapport interne à Santé Canada daté du 10 juin 1998, qui conclut que les premières études dinnocuité chez les vaches, bien que de piètre qualité, laissent penser que la STbr peut entraîner des effets tels que des anomalies congénitales, des troubles de la reproduction et une fréquence accrue de boiteries.
(1) Organisation des Nations Unis pour lalimentation et lAgriculture (FAO) et Organisation mondiale de la santé (OMS). (2) Au Canada, il existe des programmes de surveillance dans chaque province. Avant que le lait dun producteur soit mis en commun, il doit être certifié comme étant exempt de résidus dantibiotiques. (3) La mammite est une inflamation de la mamelle. (4) Aux États-Unis, la FDA est responsable, entre autres, de lévaluation et de lhomologation des produits vétérinaires pour animaux destinés à la consommation. |
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